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L’édito du TC par Jacques Pumaréda. « L’Éducation est l’arme la plus puissante qu’on puisse utiliser pour changer le monde » Nelson Mandela

Le 13 août 1793. La Convention décrète l’éducation obligatoire, publique et gratuite de 5 à 12 ans. Il faudra des décennies, des avancées et des reculs, tout au long du XIXe siècle pour arriver aux lois Ferry, aboutissement d’un mouvement de laïcisation de l’école. L’école devient alors un ascenseur social pour tous les enfants d’ouvriers et d’agriculteurs qui accèdent à l’éducation. Les instituteurs sont la cheville ouvrière de ce système, qui permet un progrès social grâce à l’école. A la libération, le rapport Langevin-Wallon qui en est issu propose de nombreuses mesures de modernisation, pour faire face à la massification de l’enseignement qui se profile. Il était proposé de démocratiser l’enseignement en allongeant la scolarité à 18 ans, en généralisant les expériences des mouvements de l’éducation nouvelle et en élaborant une école unique. Ce projet sera combattu par la bourgeoisie qui reprend le pouvoir.

Depuis de nombreux gouvernements n’ont eu de cesse de réduire les ambitions de l’école publique de la République. Même si le niveau de formation s’est élevé (avec près de 80 % d’une classe d’âge au niveau du baccalauréat), le rôle d’ascenseur social du système éducatif est fortement contesté. Les sociologues Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron ont mis en évidence dès 1964 que la proportion d’individus provenant des classes populaires et accédant aux études supérieures reste très faible. Ils ont démontré que le système scolaire reproduit le schéma social et qu’il a pour objet de conforter et légitimer la position des élèves dans la hiérarchie sociale. Seules les familles détenant un capital culturel adapté permettent à leurs enfants de réussir leur parcours scolaire. Aujourd’hui, face à l’explosion des inégalités sociales, se met en place une école de la concurrence formatée selon les dogmes libéraux. Sous la baguette du ministre Jean-Michel Blanquer, c’est la compétition entre les élèves, entre les enseignants qui n’auront plus aucune raison de ne pas être rémunérés au mérite, entre les établissements soumis à la loi d’airain des classements, faisant ainsi des élèves les machines à compétition d’un marché scolaire.

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