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Jacques Blin. Il y a immigrés et immigrés

Jacques Blin. Membre du bureau de l’Institut d’histoire sociale de la CGT

Qui n’a pas entendu ce genre de phrase : « Les immigrés profitent de notre système ».

Parmi plusieurs de ces bien-pensants, certains se prélassent à Agadir (Maroc) dans des villages fermés ou non, construits quasi-exclusivement pour des Français. A condition de séjourner 183 jours sur place, les seniors deviennent résidents, peuvent y déclarer leurs revenus et bénéficier d’un abattement fiscal jusqu’à 55%. Celui-ci monte à 80% si leur retraite est versée sur un compte local et en dirhams. Prendre sa retraite au Maroc présente de nombreux avantages puisque les retraités sont aussi dispensés de taxes d’habitation pendant trois ans. Actuellement 55 000 français vivraient au Maroc.

Pendant ce temps-là, des Marocains se retrouvent, en France, dans des « villages fermés » qui ont pour noms centres de rétention. Avec les Tunisiens, ils représentent près du tiers des étrangers enfermés.

Alors, qui profite de qui ? Prenez cette annonce parue il y a peu sur un site d’offres d’emplois au Maroc : « Nous cherchons pour une famille dans un appartement, une femme de ménage qui passe la nuit, repos le dimanche salaire moins de 2.000 dh. »

Il faut savoir que le salaire minimum au Maroc est de 2.500 dirhams (soit environ 210 euros). Alors que l’on estime le seuil de pauvreté en France à 800 euros. En 2015, les loyers « HLM » étaient estimés entre 1.200 et 2.000 dirhams par mois. Voilà un peu esquissée la vie de ces « profiteurs ».

En avril dernier, le roi du Maroc Mohammed VI a été reçu par Emmanuel Macron à l'Elysée. Lors de cette rencontre, ils ont évoqué les sujets bilatéraux et notamment la lutte contre les migrations illégales (entendez les Marocains qui viennent en France). Ils ont souligné la relation « d'amitié très profonde » qui les unis.

Côté droits humains, silence ! Les libertés, de religion, d’expression, de réunion et d’association sont restreintes.

Les personnes critiques à l'égard de la monarchie et de l'islam, ainsi que les militants engagés en faveur de l’indépendance du Sahara occidental, sont toujours victimes de pour- suites pénales.

Les relations sexuelles entre personnes de sexes différents n’étant pas unies par les liens du mariage sont passibles d’un mois à un an de prison et de lourdes amendes.

La Marseillaise, le 7 septembre 2018

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