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Saleilles. Le torchon brûle entre la CGT et la société Expresso courses

Face-à-face tendu hier devant l’entreprise de distribution de colis.

La guerre semble déclarée entre la CGT et la direction de l’entreprise Expresso courses, basée à Saleilles. Hier, en début d’après-midi, une trentaine de syndicalistes ont manifesté devant la société de distribution de colis, qui effectue de la sous-traitance pour Fedex, UPS ou encore Chronopost. Objectif : soutenir l’un des salariés de la firme convoqué pour un entretien préalable à licenciement.

Une poignée d’employés d’Expresso courses se sont positionnés face aux manifestants afin de prévenir toute incursion des militants dans les locaux. Échanges d’amabilités et regards de travers étaient de rigueur. Les gendarmes sont même intervenus pour éviter tout débordement.

Accrochages récurrents

Le secrétaire de l’union locale CGT de Rivesaltes, Alexandre Pignon, faisait notamment partie des manifestants. Expresso courses n’ayant aucun délégué syndical (faute de candidats lors des dernières élections), le postier venait assister l’employé convoqué en sa qualité de conseiller du salarié. « Ça fait des années qu’on a des échos sur les conditions de travail au sein de cette entreprise, qui embauche près de 200 salariés. Il y a plusieurs procédures en cours aux prud’hommes pour non-paiement des heures supplémentaires ou licenciement abusif », dénonce Alexandre Pignon. « J’ai accompagné un autre salarié à un entretien il y a environ six mois. La gérante avait été très virulente avec moi. Jeudi dernier, on est venu distribuer des tracts devant l’entreprise et je me suis fait agresser par un chef d’équipe. J’ai porté plainte à la gendarmerie pour coups et blessures et menaces de mort répétées. »

Plaintes réciproques

L’entreprise a elle aussi déposé plusieurs plaintes depuis le début du bras-de-fer. « Lors du précédent entretien, le 8 février dernier, M. Pignon m’a poussée », relate la cogérante d’Expresso courses, Sandrine Doukhi. « On l’a mis dehors et on a déposé une main courante à la gendarmerie. » La direction a de nombreux autres griefs contre les cégétistes. Elle leur reproche notamment de s’être introduits le 18 janvier dernier dans son dépôt pour distribuer des tracts. La CGT assure de son côté que ce jour-là, les militants sont restés devant le portail. Concernant l’altercation de la semaine dernière, Sandrine Doukhi livre une version légèrement différente de celle de la CGT : « M. Pignon a poussé un salarié qui lui a répondu. Nous avons nous aussi porté plainte. » Malgré ce passif, Alexandre Pignon a bien pu pénétrer hier dans les locaux de l’entreprise pour accompagner le salarié convoqué. « Ils m’ont demandé de me taire », peste-t-il. « Ils ont entravé mon mandat. Cet entretien n’est pas valide. » L’employé, notamment accusé de présenter des « problèmes de comportement », devrait être fixé sur son sort dans les prochains jours.

Arnaud Andreu (L'Indépendant, le 11 septembre 2018)

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