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Migrants. Les rêves en péril d’une ado de 16 ans menacée d’expulsion

Élan de solidarité autour d’une famille déboutée du droit d’asile.

La mobilisation ne faiblit pas. Hier soir, une centaine de personnes se sont rassemblées devant la préfecture pour réclamer la régularisation de la famille Mitaj. Déboutés du droit d’asile, ce couple d’Albanais et ses deux enfants de 16 et 10 ans sont actuellement menacés d’expulsion malgré les risques qu’ils déclarent encourir, preuves à l’appui, s’ils sont contraints de retourner dans leur pays d’origine. La fille aînée de la famille, Amarilda, qui a obtenu l’an dernier son brevet mention Très Bien et bénéficie, entre autres, du soutien de ses anciens professeurs du collège Pons, livre son état d’esprit et ses espoirs.

L’indépendant. Que ressentez-vous lorsque vous voyez tous ces gens rassemblés pour réclamer votre régularisation ?

Amarilda Mitaj. Ça me fait trop plaisir ! Je me rends compte que je ne suis pas toute seule, que j’ai beaucoup de soutiens. Je suis étonnée qu’il y ait autant de monde.

L’indépendant. Que ferez-vous si vous obtenez des papiers ?

Amarilda Mitaj. Je continuerai l’école. Je passerai en première, puis en terminale. Je passerai le bac. Mon seul but, c’est de réussir. J’ai beaucoup de rêves… J’aimerais devenir prof de mathématiques. S’il obtient des papiers, mon père voudrait construire des maisons, comme il le faisait avant, en Albanie.

L’indépendant. Comment avez-vous fait pour apprendre le français aussi vite ?

Amarilda Mitaj. J’avais très envie d’apprendre cette langue. C’était un de mes rêves depuis petite. Je suis très contente d’être ici. J’espère que Monsieur le préfet va changer d’avis…

Propos recueilli par A. Andreu (L'Indépendant, le 12 septembre 2018)

Plaidoyer pour une régularisation

Même si la préfecture ne semble pas avoir réenclenché pour l’heure de nouvelle procédure d’expulsion, la famille Mitaj n’est pas tirée d’affaire. « Ils sont cités à comparaître devant le tribunal le 28 novembre car ils n’ont pas voulu embarquer pour l’Albanie fin août », explique Gabriel Llesta, de l’Association de soutien à tous les immigrés (Asti). Concernant le rejet de la demande d’asile des Mitaj, l’Asti a demandé aux services de l’État d’attendre le résultat du recours engagé devant la Cour nationale du droit d’asile avant de procéder à toute nouvelle tentative d’expulsion. « Fin août, nous avons notamment pu remettre au secrétaire général de la préfecture un article de presse albanais relatant la tentative d’assassinat dont a été victime le père de famille. Nous voudrions discuter avec les services de l’État des solutions qu’on peut trouver et notamment d’une régularisation. » En plus du danger encouru en cas de retour, l’Asti et les autres associations qui soutiennent les Mitaj mettent en avant l’intégration exemplaire de la famille. « Le fait qu’ils aient autant de soutiens est la preuve de leur intégration », plaide Gabriel Llesta. « Leur fille aînée, Amarilda, réussit très bien à l’école. S’ils étaient expulsés, ça compromettrait son parcours scolaire et son avenir. »

Pour l’heure, la préfecture n’a pas donné suite à la demande d’entretien que les associations ont formulée hier.

L'Indépendant, le 12 septembre 2018

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