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Sylvie Chamvoux-Maitre. « Pour réduire la pauvreté, il faut avoir un toit sur la tête »

Sylvie Chamvoux-Maitre, directrice régionale Occitanie de la Fondation Abbé-Pierre (FAP).

La Marseillaise. Concernant la pauvreté, quel constat faites-vous ?

Sylvie Chamvoux-Maitre. La pauvreté étant exponentielle en France, elle l’est évidemment dans l’Hérault et le Gard. Concernant l’hébergement d’urgence par exemple, les chiffres dans l’Hérault sont phénoménaux. Le 115 du département ne répond qu’à 15 ou 20% des demandes ! La majorité des gens restent à la rue. La pauvreté se manifeste sur le loge- ment ou l’accès au logement. L’ADN de la FAP, c’est le mal-logement, c’est son action ciblée sur l’hébergement. Nous soutenons donc la logique du logement d’abord parce que nous sommes convaincus qu’il est possible de réduire le sans-abrisme. La première chose, c’est d’avoir un toit sur la tête. On peut tout faire quand on a un logement.

La Marseillaise. Comment combattre le sans-abrisme dans la région ?

Sylvie Chamvoux-Maitre. Cela se joue sur le long terme et doit impliquer tous les acteurs politiques, socio-économiques et associatifs de la région. Qu’il soit privé ou public, il faut réhabiliter le parc ancien de Montpellier et de Nîmes. Dans l’attente, il faut continuer à financer des logements. Il faut aussi prendre en compte le travail fait par des collectifs plus informels : à Montpellier, les dispositifs un peu alternatifs, les squats d’urgence comme Luttopia qui accueille environ une centaine de personnes sont sous la menace d’une expulsion. Si tout le monde s’y met, il est possible de réduire le sans-abrisme.

La Marseillaise. Quels sont les moyens mis en place par la FAP ?

Sylvie Chamvoux-Maitre. Sur la question de l’accès au logement, ou de l’hébergement, nous ne gérons pas de dispositifs en direct, mais nous intervenons auprès d’associations qui mettent en place des actions d’accès ou de maintien au logement. Nous finançons des projets, puis nous capitalisons à partir de cet accompagnement, nous montrons ce qui est possible. C’est ensuite aux pouvoirs publics de prendre le relais. Un exemple très concret est la plateforme inter-associative d’Accompagnement aux droits liés à l’habitat (ADLH), financée à 100% par la FAP. Nous l’avons impulsée sur la métropole de Montpellier et nous avons un dispositif similaire dans le Gard. Nous faisons travailler ensemble des juristes et des travailleurs sociaux de différentes associations sur la question de l’accès au logement et de la prévention des expulsions. Nous avons également une convention avec le Barreau de Montpellier. Cela fonctionne ! 100% des familles dont nous nous sommes occupées -et qui peuvent se présenter sans prescription- n’ont pas été expulsées. C’est un outil très intéressant qui devrait à terme être financé par les pouvoirs publics et par les services de l’Etat et de la Métropole. Dans le Gard, nous finançons l’Afil et ALG qui travaillent sur la prévention des expulsions. Le relais sera pris en 2019 par des financements locaux.

Julie Chansel (La Marseillaise, le 14 septembre 2018)

www.fondation-abbe-pierre.fr/agence-regionale-occitanie.

En savoir plus

Pour 2016/2017, la Plateforme ADLH a aidé 307 ménages ayant des difficultés de logement. Parmi eux :

  • 93 ménages n'ont eu besoin que de la permanence téléphonique.
  • 214 ménages ont bénéficié a minima d’un RDV, dont 160 ont reçu un accompagnement sociojuridique dans la durée.

Le public

  • 33% sont des personnes seules, 30% des couples avec enfants, 25% des personnes seules avec enfants. Seuls 8% sont des couples sans enfants. - 60% sont des femmes.
  • 16%ontplusde65anset 6% moins de 25 ans.
  • 63% sont locataires (dont 57% dans le parc public) et 18% sont hébergés.
  • 26 % sont allocataires du RSA, 20% sont sans ressources, 10% perçoivent les allocations de Pôle Emploi (ARE ou ASS)et6%ontdes revenus d’activité. J.C.

20% de la population des quartiers populaires d'Occitanie vit dans le Gard alors que le département ne représente que 12% de la population régionale.

2,5 millions de repas ont été servis depuis près d'un an par les Restos du Cœur de l'Hérault. Les bénévoles du Secours catholique du Gard rencontrent 10 000 personnes par an.

97.000 personnes dans l'Hérault ont droit aux services des maisons de l'autonomie. 75 000 sont bénéficiaires du RSA. 28 000 ont droit à l'APA à domicile, 11694 sont hébergées en Ehpad.

21.935 Héraultais ont reçu une aide alimentaire du Secours populaire l'an passé soit 2% de la population du département.

La Marseillaise, le 14 septembre 2018

Ils agissent contre la précarité

Geneviève Nguyen Présidente des Restos du Cœur de l'Hérault (09 81 01 15 28)

« Pour faire face aux besoins alimentaires, depuis le 20 novembre 2017, nous avons servi 2.533 793 repas ; avec notre camion, toute l’année aux Arceaux, nous servons 200 à 300 repas aux personnes qui sont à la rue. Nous refusons l’assistanat, avons des ateliers d’accompagnement scolaire et de français, permettons à des centaines d’enfants de partir en vacances, nous favorisons l’insertion professionnelle, l’accès à la justice, aux droits sociaux et aux soins médicaux. Nous avons grand besoin de bénévoles pour lutter contre la précarité qui est croissante et multi-factorielle ».

Eric Thimel Délégué du Secours catholique pour le Gard (04 66 67 68 71)

« Il y a de plus en plus de familles à la rue, des enfants, dans des proportions qui n’existaient pas il y a dix ans. Même si cela ne résout pas immédiatement la précarité, nous apportons une réponse autre que matérielle, financière ou alimentaire. En les aidant à atteindre des objectifs, à prendre des engagements, nous voulons que les personnes accueillies reprennent confiance en elles, changent le regard porté sur elles-mêmes et celui que les autres ont sur elles. Avec 6 salariés et 500 bénévoles, nous rencontrons environ 10.000 personnes par an ».

Carole Delga Présidente PS de la Région Occitanie

« Parmi les mesures en faveur du pouvoir d'achat de la Région figurent celles en faveur des familles de lycéens et d'apprentis. 64 millions d'€ sont investis pour la carte jeune, soit 400€ d'économies par famille. La Région fournit les manuels scolaires (160€) et l'ordinateur portable (390€). Les familles les plus modestes (ARS) bénéficient d'aides numériques de 80 à 200€. Il existe des aides à l'hébergement (200-400€), à la restauration (90-120€) et au transport (100-200€) sous conditions de revenus. Sans oublier les aides à la lecture (20€) et à la pratique sportive (15€) accessibles à tous ».

Patricia Weber Vice-présidente PS du Conseil départemental de l'Hérault déléguée aux solidarités

« Le Fonds solidarité logement (FSL) nous permet d'agir sur l'accès ou le maintien au domicile et l'aide aux factures (énergie et eau). Il existe 900 mesures d'accompagnement (500.000€). Côté solidarité, nous accompagnons les personnes du berceau au bien vieillir : consultations prénatales, accès au droit, insertion… 400.000€ sont déboursés pour l'aide alimentaire. 6,2% des gens perçoivent le RSA (229 millions d'€). L'Allocation d'autonomie à domicile concerne 28.000 Héraultais. La prestation compensatoire du handicap s'élève à 45M€ ».

La Marseillaise, le 14 septembre 2018

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