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La foule de la Fête de l’Huma en quête de perspectives

Grosse aluence, ce week-end, à La Courneuve pour le traditionnel rendez-vous de rentrée de la gauche de transformation sociale. Dans son discours de clôture, Patrick Le Hyaric, directeur de « l’Humanité » a appelé au rassemblement des progressistes pour éviter que le duel Macron/Le Pen ne se rejoue aux européennes.

« Plus d’un demi-million de participants ! », Patrick Le Hyaric, directeur de l’Humanité et euro-député communiste ne cache pas son enthousiasme lorsqu’il annonce le chiffre depuis la grande scène de la Fête. Un véritable succès d’affluence qui s’est traduit ce week-end par « 1.200 adhésions » au PCF annonce le parti sur son compte Twitter.

Emma, tout juste 18 ans, fait partie des nouveaux arrivants. « J’en peux plus de toutes ces injustices, j’ai envie de m’investir », explique-t-elle un mojito à la main. Un engagement amorcé aux côtés des Jeunes communistes au printemps dernier dans les mobilisations contre Parcoursup et la réforme ferroviaire.

Loïc, lui, ne vient pas à la Fête pour la première fois. La quarantaine, militant CGT de l’énergie, il s’est cette fois laissé convaincre de rejoindre le PCF « parce que ce parti incarne mes valeurs et que face au Macron, il faut un PC fort sinon tout le modèle social sera piétiné ».

Lenny, étudiant qui avoue avoir « un peu forcé » sur ses cordes vocales lors du concert de Franz Ferdinand résume sa démarche d’adhésion dans un éclat de rire : « Je veux faire entendre ma voix ». Il n’a « pas vraiment suivi » la polémique qui a conduit des députés insoumis à ne pas se rendre au discours de Pierre Laurent, la veille, mais sait qu’il « y a de l’eau dans le gaz ».

« Fabricants d’espoir »

Un tweet de Ian Brossat critiquant l’approche de la France insoumise sur les questions migratoires avait, en effet, provoqué un communiqué rageur des députés FI. S’ils n’ont pas assisté, samedi, à l’allocution du secrétaire national du PCF, plusieurs d’entre eux ont participé aux débats de la Fête, à l’image d’Éric Coquerel, Clémentine Autain ou François Ruffin.

« Franchement c’est fatigant », réagit vivement Jean-Claude, un retraité qui s’active dans l’espace Centre-Val de Loire. Il n’a toujours pas digéré la mésentente avec les Insoumis lors des législatives de 2017 et compte bien le faire savoir à l’occasion du congrès extraordinaire du PCF qui se tiendra en novembre.

L’échéance pourrait être rude pour la direction sortante, très contestée sur son bilan. Pierre Laurent, qui a fait savoir sa disponibilité pour poursuivre son rôle à la tête du PCF, préfère se projeter dans les batailles à venir. Il prêche la confiance : « Les communistes sont des fabricants d’espoir, et c’est cet espoir qu’on veut enterrer avec nous ». Il met en avant « l’écommunisme », comme nouveau mode de développement capable de sortir l’humanité et la planète de l’impasse dans lequel le capitalisme les enfonce.

Et il formule trois propositions à l’adresse des forces et des citoyens progressistes. D’abord « construire dans les luttes, les grandes lois sociales et écologiques dont le pays a besoin », à commencer par une réforme des retraites porteuse de progrès. « Organiser des états généraux du progrès social en Europe en 2019 » et enfin « lancer une grande bataille pour la République » en exigeant un référendum en cas de réforme constitutionnelle et en préparant les municipales face « aux territoires défigurés que nous prépare Macron ».

Des objectifs largement partagé dans les allées de la Fête, mais qui suscitent aussi des doutes tant chacun à gauche semble vouloir jouer sa partition à l’occasion des européennes.

Volontariste, Patrick Le Hyaric, lance à l’attention de tous les progressistes dans son discours de clôture : « C’est à la construction d’une Europe des Nations et des peuples libres, associés et solidaires qu’avec mes amis Pierre Laurent et Ian Brossat, le chef de file des communistes, nous vous invitons à participer ». Et de mettre en garde en cas d’émiettement contre le risque de voir se rejouer l’opposition mortifère « Macron/Le Pen ».

Léo Purguette (La Marseillaise, le 17 septembre 2018)

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