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Le navire l’Aquarius reprend sa mission de sauvetage des migrants

Le navire l’Aquarius, co-affrêté par SOS Méditerranée et Médecins sans frontières, a repris la mer, samedi. Il devrait être sur la zone de secours, face à la Libye, mercredi. Le jour même où se tient un sommet européen en Autriche sur la question migratoire sur laquelle l’Union européenne est en échec.

Mercredi prochain, les chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne se retrouvent pour un sommet dans la ville de Salzbourg, en Autriche. Sommet à très hauts risques, car il va sans nul doute montrer, une nouvelle fois au grand jour, les désaccords profonds entre les pays européens sur la question des migrants et de leur accueil.

Comme un symbole, ce même jour, le navire l’Aquarius devrait arriver au large de la Libye pour reprendre sa mission de sauvetage des migrants en perdition. Samedi, l’ONG SOS Méditerranée, qui co-affrête l’Aquarius avec Médecins sans frontières, a repris la mer au départ de Marseille où il était en escale. L’Aquarius avait dû, en effet, revenir à quai dans la cité phocéenne le 27 août, le temps de retrouver une immatriculation officielle après que Gibraltar a décidé de le priver de son pavillon.

Face à cette mesure, que Sophie Beau, la directrice générale de l’ONG, avait qualifiée de « manœuvre politicienne », SOS Méditerranée a entrepris des démarches auprès de Panama. C’est sous ce pavillon et le nouveau nom officiel d'« Aquarius 2 » que le navire est reparti en mer. SOS Méditerranée reprend ses opérations face à la Libye alors qu’aucun mécanisme pérenne n’a toujours été trouvé permettant à l’ONG de savoir à l’avance dans quel port débarquer les migrants qu’elle sera amenée à secourir. Un question qui sera au centre du sommet européen, mercredi, en Autriche.

« Moins de départs, mais un taux de mortalité beaucoup plus élevé »

« Il y a urgence », avait averti Sophie Beau le 6 septembre en appelant « à un sursaut du couple franco-allemand », à la veille de la rencontre à Marseille entre le président Emmanuel Macron et la chancelière Angela Merkel.

Depuis juin et la décision du ministre de l’Intérieur italien, Matteo Salvini (La Ligue, extrême droite), de fermer les ports de l’Italie aux ONG d’aide aux migrants, l’Aquarius est interdit à Catane, en Sicile, où il accostait habituellement.

Une première fois, en juin, le navire avait été contraint d’aller jusqu’à Valence, en Espagne, pour permettre à 237 migrants de mettre pied à terre. Puis, en août, c’est dans un port de Malte qu’il avait enfin pu débarquer ses 141 passagers.

« Depuis juin, nous avons une très forte recrudescence de la mortalité en mer », avait accusé Sophie Beau : « Il y a beaucoup moins de départs en 2018 que les années précédentes, mais le taux de mortalité est beaucoup plus élevé. C’est pourquoi il nous faut, de manière urgente, un mécanisme pérenne, prévisible, pour éviter qu’à chaque fois on recommence cette même saga de marchandages entre les différents pays ».

Mais il est toujours « hors de question » pour l’Aquarius de débarquer ses rescapés en Libye, qui ne peut offrir un « port sûr », comme l’exige le droit maritime international.

La position de la Commission, l’exécutif de l’UE, est de trouver une solution pérenne. Mais ce sujet humanitaire est instrumentalisé par l’extrême droite qui veut en faire le thème principal des élections européennes de mai prochain.

Françoise Verna (La Marseillaise, le 17 septembre 2018)

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