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Parcoursup. Un fiasco ? Pas pour tout le monde…

La dernière étape d’inscription en études supérieures sur la nouvelle plateforme en ligne du gouvernement s’achève ce soir avec la clôture de la phase complémentaire. L’occasion de dresser un premier bilan, qui divise les syndicats d’enseignants et le ministère. Décryptage et réactions.

Cette fois, les jeux sont faits. Ce soir, après trois mois d’attente, d’incertitude, voire d’angoisse pour certains, les derniers bacheliers ou étudiants encore en attente d’une réponse sur Parcoursup seront enfin fixés sur leur sort. Plus de deux semaines après la rentrée, il était temps.

Et si les chiffres définitifs ne seront connus que mardi, la première mouture du nouveau service d’orientation post-bac a et continue de diviser.

Échec total pour les profs

D’abord les mécontents : les syndicats enseignants, qui se sont d’ailleurs réunis, hier soir à Paris, pour faire entendre leur colère lors d’une conférence de presse commune. Parmi les critiques, les 9.000 bacheliers n’ayant reçu aucune réponse positive, ou encore les 40.000 jeunes toujours sur liste d’attente. « Au 5 septembre, nous avons 63% d’affectations définitives avec Parcoursup, alors que nous avions 61% dès le premier jour des résultats d’APB en 2017 », s’agace Hervé Christofol, secrétaire général du Snesup-FSU, syndicat enseignant opposé à la loi ORE et au nouveau dispositif, qui selon lui introduit de la sélection à l’entrée en fac.

« On a remis en place un système de tri social et de méritocratie où tout se joue à quelques millièmes de points sur une moyenne. Pire encore, avec leur système de lettre de motivation, profondément inégal, selon le niveau de vie et le contexte socio-culturel de chacun. »

Angoisse pour les familles

Chez les premiers concernés, c’est surtout le stress qui a dominé. Particulièrement pour les jeunes sur liste d’attente, qui ont dû parfois patienter jusqu’à début septembre pour avoir -ou pas- une place.

Question de rodage pour le rectorat

Cette année, les bacheliers et étudiants en réorientation pouvaient inscrire jusqu’à dix vœux sans les hiérarchiser. À partir de fin mai, lorsque les réponses ont commencé à tomber, les candidats devaient choisir entre deux propositions fermes, mais pouvaient conserver tous leurs vœux « en attente ». Entraînant un ralentissement du processus, car beaucoup ont conservé jusqu’au bout ces propositions potentielles, qui n’étaient du coup pas ré-injectées dans le système.

Côté Éducation nationale enfin, si l’heure n’est pas au triomphalisme, on se réjouit malgré tout du bilan de cette nouvelle organisation, opposant au constat d’échec des syndicats enseignants une question de « rodage ». Et même quelques avancées : « Parcoursup, c’est la fin du choix par dépit », se félicite ainsi le rectorat de l’académie d’Aix-Marseille. « Avant, APB donnait au moins une réponse positive sur les trois vœux formulés et le candidat était forcé d’accepter. Plus maintenant. Et quand certains se disent déçus parce que les réponses positives reçues ne correspondent pas à leur premier choix, il ne faut pas oublier que ce sont eux qui ont formulé tous leurs vœux. » Pas sûr que cela suffise à consoler les 25% de jeunes (selon une étude Studyrama) à avoir accepté une proposition à contrecœur cette rentrée.

Steve Claude (La Marseillaise, le 21 septembre 2018)

Repères

9.000. C’est, en France à la rentrée 2018, le nombre de jeunes bacheliers sans affectation. Ils étaient 6.000 en 2017.

40.000. C’est, nationalement, le nombre de jeunes inscrits sur Parcoursup toujours sur liste d’attente.

1 sur 4. C’est la part des candidats afirmant avoir rejoint une filière par dépit.

La Marseillaise, le 21 septembre 2018

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