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Philippe Martinez. « Il faut dire stop au président des riches »

Le boss de la CGT a participé hier à la fête locale de l’organisation.

Hier, le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, était de passage à Alénya. Le leader syndical était l’invité d’honneur de la traditionnelle fête annuelle de la CGT66 qui s’est tenue au parc Ecoiffier. Grève dans les établissements de santé de St-Estève et Collioure, rentrée sociale, soutien aux sans-papiers (à Perpignan et ailleurs) : Philippe Martinez fait le point. Entretien.

L’Indépendant. Que diriez-vous aux habitants du département pour les convaincre d’aller défiler dans les rues lors de la manif intersyndicale du 9 octobre prochain ?

Philippe Martinez. Quand il y a autant de mécontentement, plutôt que de râler à la maison ou tout seul dans son entreprise, mieux vaut aller dire ensemble qu’on n’est pas content. Le 9 octobre, c’est un rendez-vous pour montrer que les choix du gouvernement ne sont pas les bons, qu’il y a autre chose à faire. On nous fait croire qu’il n’y a pas d’argent dans ce pays. On veut faire payer ceux qui n’en ont pas beaucoup (retraités, chômeurs…). Cette manifestation vise à dire stop au président des riches. De l’argent, dans ce pays, il y en a et il faut le réorienter vers ceux qui en ont besoin.

L’Indépendant. Quel regard portez-vous sur les grèves qui ont eu lieu ces dernières semaines à la clinique La Pinède de St-Estève et au centre Mer-Air-Soleil de Collioure, tous deux propriété du groupe Orpéa ?

Philippe Martinez. La volonté du gouvernement, c’est de transférer les soins les moins compliqués de l’hôpital public (qui offre une égalité de traitement à tous les citoyens) vers le privé. Ce qui intéresse les groupes comme Orpéa, qui est une boîte mondialisée c’est de gagner beaucoup d’argent avec des soins minimums. Les salariés se révoltent, sauf que les patrons ne veulent pas discuter. Les institutions telles que les Agences Régionales de Santé ne s’immiscent pas dans ce genre de conflits parce qu’ils concernent des entreprises privées. C’est pourtant le public qui les finance avec nos cotisations (NDLR : à travers la sécurité sociale). L’État et les citoyens ont un droit de regard.

L’Indépendant. La CGT est membre du comité local de soutien aux sans-papiers. Pourquoi votre syndicat s’implique-t-il en faveur des migrants ?

Philippe Martinez. Tout d’abord car les migrants sont des travailleurs. Et puis, il y a aussi des raisons économiques. Les grands groupes pillent l’économie de ces pays-là. Et lorsqu’il y a une guerre, qui fournit le matériel d’armement ? Certains essaient de diviser le monde du travail en disant, en gros, que les migrants viennent voler les emplois. Nous, on est toujours aux côtés de ceux qui sont exploités quelle que soit leur nationalité. Il y a aussi une question humanitaire. Comment peut-on regarder les gens se noyer sans bouger le petit doigt ?

Propos recueilli par A. Andreu (L'Indépendant, le 23 septembre 2018)

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