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L’Aquarius dans l’attente d’un accueil à Marseille

58 personnes sont à bord de l’Aquarius, 17 femmes dont une enceinte, 18 mineurs dont trois en bas âge : le navire en route vers Marseille demande à la France l’autorisation de les débarquer. Matignon dit chercher « une solution européenne ». Et le navire est au cœur d’une nouvelle tourmente, le Panama ayant annoncé sa volonté de lui retirer son pavillon.

Dernier navire à intervenir en mer Méditerranée pour sauver des migrants, l’Aquarius est d’ores et déjà « en route vers Marseille », explique Francis Vallat, président de l’ONG SOS Méditerranée. « La seule destination possible », martèle à ses côtés Frédéric Penard directeur des opérations dans l’association.

A bord du navire se trouvent 58 personnes. « Il y a 17 femmes dont une est enceinte et 18 mineurs dont trois enfants en bas âge », détaille Francis Vallat. Onze sont à bord depuis jeudi dernier, onze que l’ONG s’est refusée à remettre aux autorités libyennes. « Comme nous l’avons toujours dit », explique le président, « nous avons deux impératifs : intervenir quand un bateau coule et ne pas renvoyer les migrants dans l’enfer libyen, car la Libye n’est pas un pays sûr, comme le confirme le Haut commissariat aux Réfugiés ».

Les autorités italiennes d’extrême droite ayant fermé leur port aux ONG de sauvetage en mer depuis juin dernier, « Marseille est la seule solution humanitaire », insiste le président. Après l’urgence du débarquement, SOS Méditerranée devra gérer un autre problème : le Panama a annoncé vendredi vouloir retirer son pavillon à l’Aquarius, transformant les sauveteurs en mer en vulgaires pirates. « Notre première demande est que le Panama revienne sur sa décision, décision sans fondement juridique et uniquement prise suite aux pressions italiennes qui menacent de lui interdire ses ports… », fulmine Francis Vallat. A défaut, l’ONG entend bien « interpeller d'autres pays européens et l’Union européenne pour qu’ils nous trouvent une solution afin que nous puissions continuer à battre pavillon et poursuivre notre mission de sauvetage », poursuit le président. In fine, il n’hésitera par à se tourner vers « la communauté maritime internationale ».

Marseille doit accueillir

Sauf imprévu, le navire pourrait arriver à Marseille dans quatre jours. « Les autorités françaises ont été averties. Pour l’heure, nous n’avons eu aucun retour mais personne ne nous a dit non plus de ne pas venir », assure le responsable de l’association.

« Marseille doit ouvrir son port à l’Aquarius. C’est un devoir d’humanité pour les 58 rescapés à bord », a commenté Jérémy Bacchi, secrétaire départemental du PCF. Et d’ajouter : « Ce bateau doit battre pavillon français. Le gouvernement doit assumer ses responsabilités ». « Marseille doit accueillir l’Aquarius, et mieux encore, lui proposer une solution durable et offrir son pavillon symbolique », a pour sa part indiqué Benoît Payan, président du groupe socialiste à la ville de Marseille. Un sentiment partagé par le député insoumis Jean-Luc Mélenchon : « L’Aquarius doit pouvoir accoster à Marseille. C’est notre devoir et notre honneur », tandis que le député communiste Pierre Dharréville a dit avoir « sollicité, cet après-midi, le Premier ministre pour que soient prises des dispositions pour accueillir les passagers de l’Aquarius conformément au droit international maritime ».

Moins d’unanimité à droite en revanche. « Non à l’Aquarius à Marseille, notre pays doit être ferme » a ainsi twitté la députée marseillaise LR Valérie Boyer. Plus pondérée, la présidente du conseil départemental et de la Métropole Martine Vassal renvoie à la responsabilité de l’État qui doit « se préoccuper de la politique migratoire sur l’ensemble du pays pour les adultes et les mineurs ».

Matignon disait hier « chercher une solution européenne » selon le principe du « port sûr le plus proche ». « Et en l’occurrence ce n’est pas Marseille », a ensuite précisé le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, sur Canal+.

Angélique Schaller (La Marseillaise, le 25 septembre 2018)

Un appel au blocage du port de Marseille

Rodolphe Nettier, président de SÔS soutien Ô sans-papiers, appelle « syndicats de dockers et Marseillais » à bloquer le port de Marseille jusqu’à ce que Macron accepte d’accueillir l’Aquarius. « Pour ne pas laisser ces gens crever en mer », confie à « La Marseillaise » le responsable de l’association qui œuvre à la fermeture des centres de rétention.

La Marseillaise, le 25 septembre 2018

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