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Hausses des budgets dans les ministères ? Intox - désintox

Deuxième budget du quinquennat Macron, le projet de loi de finances 2019 (PLF) a été présenté, hier, en Conseil des ministres. Zoom sur les augmentations dans certains ministères qui peuvent aussi relever… de l’illusion.

Enseignement supérieur, Justice, Intérieur, Éducation… Certains ministères sont présentés comme les « gagnants » de l’arbitrage budgétaire. Et pourtant…

Enseignement supérieur et recherche… même pas de quoi intégrer la hausse démographique

549 millions d’euros supplémentaires viennent alimenter ce qui représente le troisième budget de l’État. Sauf que la Conférence des présidents des universités a déjà fait remarquer que, rien que pour prendre en charge les 34.000 étudiants supplémentaires arrivés en cette rentrée 2018, il faudrait 220 millions. Au final, ils ont estimé à 600 millions la hausse nécessaire pour les seules universités.

Justice… toujours en queue de peloton

Plus 4,4% cette année, après une augmentation de 3,8% l’an dernier. Une hausse qui concerne essentiellement les moyens attribués aux prisons qui vont absorber 959 des 1.300 emplois que la chancellerie veut créer cette année. Une goutte d’eau au regard du retard pris depuis des années, et qui place la France en queue de peloton des systèmes judiciaires européens.

Intérieur… tout contre l’immigration

La mission qui connaît la plus forte hausse est… « immigration, asile et intégration ». Pour faire quoi ? Investir dans les centres de rétention pour augmenter le nombre de places.

Défense : la culture de paix s’éloigne à grands pas

La Défense gagne 1,7 milliard de budget pour atteindre 35,9 milliards d’euros de budget en 2019. Outre le rattrapage d’années de disette, cet effort atteste du climat géopolitique délétère qui prévaut, aujourd’hui. Le volet diplomatique est, lui, en chute libre avec un budget réduit de 5%.

Éducation : pas de quoi assurer la progression réglementaire des salaires

C’est logiquement la priorité de l’État. Le budget de 2019 est en hausse de 770 millions. Même pas de quoi assumer les augmentations naturelles des salaires liées au progression de carrière. Résultat, 2.600 suppressions de postes dans le secondaire.

Écologie : pas de sursaut malgré le départ d’Hulot

Là encore, un sujet officiellement présenté comme prioritaire. Sauf que 200 millions de plus pour arriver à un budget annuel de 10,59 milliards d’euros, ce n’est rien. Lors de sa démission Nicolas Hulot avait dit ne plus pouvoir annoncer des mesures qu’il savait d’avance intenables. Son successeur François de Rugy, lui, peut.

Santé : la surprise est pour aujourd’hui

En transformant le CICE en baisse de cotisations patronales, le gouvernement prive la Sécurité sociale d’au moins 20 milliards de recettes. Moins de cotisations donc mais aussi plus de dépenses (reste à charge zéro, augmentation de 1% sur le remboursement promise aux laboratoires pharmaceutiques…) sans oublier un retour historique aux excédents : l’équation impossible promise par le gouvernement pour le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) présenté aujourd’hui.

Angélique Schaller (La Marseillaise, le 25 septembre 2018)

Réactions

Fabien Roussel, député communiste : « Il y a une grosse arnaque dans ce budget. Vous dites qu’il va rester 6 milliards d’euros aux Français, mais vous oubliez toutes les autres factures, le gel des pensions, les baisses de prestations sociales, l’augmentation des mutuelles… Quand vous donnez 1 euro d’un côté vous en prenez 2 de l’autre ».

Éric Coquerel, député insoumis : « Vous dites que le travail paye et pourtant vous payez surtout le capital. Vous prenez les augmentations que vous promettez aux salariés sur le salaire socialisé, mais pour le privé, c’est des transferts sans conditions ».

Valérie Rabault, députée socialiste : « Votre annonce de vouloir transformer le CICE en baisse des cotisations, ce sera fromage et dessert pour les entreprises en 2019 : à la fois du crédit d’impôt et des réductions de cotisations ! Ce n’est pas possible, on ne peut pas leur faire croire cela ! »

La Marseillaise, le 25 septembre 2018 

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