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« Les humanistes se réveillent ». Patrice Bessac

Après avoir interpellé l’État sur le sort réservé aux 250 travailleurs migrants du foyer taudis Bara à Montreuil, le maire communiste, Patrice Bessac, a décidé d’agir en réquisitionnant hier des locaux vides de l’Afpa pour mettre ces personnes à l’abri.

Dans nos colonnes, hier, Robert Guédiguian faisait le lien entre le combat pour soutenir l’Aquarius et celui pour défendre ces travailleurs migrants. Un lien que le maire approuve tout comme il conirme le sentiment d’y voir un début de réaction collective à la politique inhumaine de l’État face aux migrants.

La Marseillaise. Pourquoi avez-vous décidé de réquisitionner des locaux de l'État pour y mettre les travailleurs migrants du foyer insalubre Bara ?

Patrice Bessac. Parce que cela fait trois ans que nous avons des solutions pour les mettre à l’abri et trois ans qu’il ne se passe rien. Je suis allé dormir là-bas, les gens qui dorment dans les couloirs, les installations qui ne sont pas aux normes, vétustes et qui mettent ces personnes en danger. J’ai donc décidé de prendre mes responsabilités et de dire que la fraternité, c’est maintenant ! De les reloger.

La Marseillaise. Qu’est-ce que cela dit de la manière dont la France traite les travailleurs migrants ?

Patrice Bessac. Aujourd’hui, la France agit mal, honteusement parfois, avec ces travailleurs migrants. Nous savons que nous faisons face à une migration importante, il faut le prévoir, le gérer et en faire une chance. Les travailleurs du foyer Bara sont, pour la plupart, en France depuis 40 ans. Ils travaillent dans la restauration, le BTP et parfois même pour l’État. Et pourtant, les conditions qui leur sont faites sont totalement indignes.

La Marseillaise. Trois ans de promesse non tenues de l’État pour la reconstruction de ce foyer : n’y a-t-il pas une certaine hypocrisie entre ce qui est promis et tenu par les gouvernements ? Cela ne se voit-il pas dans le dossier qui démontre que la Seine Saint-Denis est bien moins doté que les autres départements, dossier présenté hier à Matignon par les parlementaires du département ?

Patrice Bessac. Nous avons pu travailler correctement avec l’État en faisant sortir de terre quatre foyers par le passé. Ce que je critique dans le cas de Bara, c’est une bureaucratie absurde qui refuse de prendre la solution simple consistant à les mettre à l’abri dans ces locaux de l’Afpa en attendant de reconstruire quelque chose. Ceci posé, je soutiens pleinement la démarche des parlementaires auprès du gouvernement. La Seine-Saint-Denis est effectivement la grande oubliée de la République. Nous avons moins de tout, moins d’instituteurs, moins de magistrats, moins de policiers… Et ces parlementaires ne demandent pas plus, juste l’égalité républicaine.

La Marseillaise. Dans « La Marseillaise », Robert Guédiguian faisait le lien entre la mobilisation autour du foyer Bara et celle en faveur de l’Aquarius, espérant y percevoir une réaction citoyenne. Qu’en pensez-vous ?

Patrice Bessac. Concernant, l’Aquarius la solidarité et la vie humaine ne sont pas négociables. La France a donc tort de couper les cheveux en quatre. Que la solution doit être européenne, c’est une évidence. Mais pour y parvenir il faut déjà faire un pas conséquent vers l’humanisme. Et là, comme Robert Guédiguian, j’ai mal de voir la France si étrangère à ses valeurs. Pour ce qui concerne la réaction, j’ai effectivement le sentiment qu’un courant profond est en train d’agiter une partie de la société française, des gens qui ne supportent plus que la parole soit donnée aux idées les plus noires, les plus brutales et les plus perverses, des gens qui aspirent à retrouver une société humaine, à pouvoir se regarder dans la glace. Et ces gens agissent. Alors, oui, j’ai l’impression que les humanistes se réveillent.

Entretien réalisé par Angélique Schaller (La Marseillaise, le 27 septembre 2018)

La préfecture du 93 s'en prend au maire de Montreuil

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La Marseillaise, le 27 septembre 2018

L'exemple de Bonnelles

Petite ville à 50 km au Sud de Paris, Bonnelles est la première cité choisie par l'État pour accueillir dans l’urgence 78 réfugiés syriens et irakiens en 2015. Le maire et Isabelle Maurette, énergique directrice de ce centre d’hébergement d’urgence pour migrants (Chum), ont privilégié la communication avec les habitants plutôt qu’un silence anxiogène. Résultat, en trois ans, le Chum a accueilli 550 migrants, uniquement des hommes, sans que cela ne bouleverse le cadre de vie privilégié, assurent les habitants. Des dizaines d’entre eux se sont investis dans du bénévolat, quand une majorité de la population s’est, elle, cantonnée à la neutralité.

La Marseillaise, le 27 septembre 2018

Maroc. La marine tire sur des migrants

Le Maroc a annoncé enquêter sur le nouveau mode de transport de migrants par Go-Fast, puissants bateaux à moteur jusque-là utilisés pour la drogue. La veille, la Marine royale marocaine avait ouvert le feu sur ce type d’embarcation faisant un mort et trois blessés.

La Marseillaise, le 27 septembre 2018

Des milliers de signatures pour le manifeste pour l’accueil des migrants

Quelque 150 personnalités ont lancé hier un « manifeste pour l’accueil des migrants ». Ce long texte refuse « les boucs émissaires » et affirme que « les racines des maux contemporains ne sont pas dans le déplacement des êtres humains, mais dans le règne illimité de la concurrence (…) dans le primat de la finance (…) ». « Il est illusoire de penser que l’on va pouvoir contenir et a fortiori interrompre les flux migratoires. À vouloir le faire, on finit toujours par être contraint au pire », notent les auteurs parmi lesquels on retrouve des écrivains, des acteurs des humoristes. « Que va-t-on faire ? Continuer de fermer les frontières et laisser les plus pauvres accueillir les très pauvres ? », poursuit le manifeste avant de clamer : « Nous, intellectuels, créateurs, militants associatifs, syndicalistes et citoyens avant tout, affirmons que nous ne courberons pas la tête (…) La migration n’est un mal que dans les sociétés qui tournent le dos au partage. »

En quelques heures, l’appel a recueilli plus de 9.500 signatures sur change.org.

Angélique Schaller (La Marseillaise, le 27 septembre 2018)

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