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Les migrants à l’abri, cap sur Marseille pour l'Aquarius

Une fois les migrants mis à l’abri, l’Aquarius mettra le cap sur Marseille où l’attend un nouveau défi : trouver le pavillon qui lui permettra de poursuivre le sauvetage en mer.

« Aujourd’hui ou demain, les 58 rescapés de l’Aquarius devraient pouvoir être débarqués », assure Francis Vallat, président de SOS Méditerranée. « Nul obstacle à leur mise à l’abri désormais, si ce n’est les conditions météo ». « À bord, le moral est bon », témoigne Aloys Vimard, coordinateur de Médecins sans frontières sur le navire. Et d’attirer l’attention sur 37 personnes, « des familles libyennes, bien établies, qui n’auraient jamais pensé prendre le large avant mais qui, depuis les bombardements de fin août, se sentent tellement en danger qu’elles se sont dit que le seul espoir est de partir par la mer ». « C’est nouveau », insiste-t-il, « Nous avions eu auparavant des cas de Libyens cherchant un accès aux soins. Là, ce sont des gens qui arrivent avec des sacs, une avait un chien ! Le profil est complètement différent. » Une fois débarquées, toutes ces personnes iront en France, en Allemagne, en Espagne et au Portugal qui se sont engagés à les prendre en charge.

Ce transfert des réfugiés dans les eaux internationales permet d’évacuer la question de l’accueil dans un port, nœud du conflit entre l’Italie et l’Europe. « Le droit maritime repose sur deux notions : protéger les États en les laissant souverain sur la gestion de leur port et affirmer une obligation de secours aux embarcations en détresse », synthétise Yves Pascouau, juriste. « Mais face à l’arrivée régulière d’embarcations où se trouvent des centaines de personnes, ces deux notions qui étaient complémentaires, se confrontent. L’Italie met en avant sa souveraineté, la France l’obligation de secours. » Chacun avance l’interprétation qui l’arrange. Or assure ce spécialiste de la politique migratoire européenne, quand ont est confronté à une telle limite, « le principe est que des règles supérieures doivent guider les actions et les interprétations. Les droits fondamentaux, comme les droits de l’Homme, sont une règle supérieure ». Sauf que… l’obligation juridique disparaît derrière les impératifs politiques.

Ce transfert en haute mer permettra également à l’Aquarius de mettre, ensuite, le cap sur Marseille. Dans son port d’attache, l’équipe se concentrera sur son autre problème : le pavillon qui va lui permettre de poursuivre son action de sauvetage en mer. Pour l’heure, la demande de pavillon européen s’est faite dans l’urgence par voie de presse, mais l’ONG va désormais passer aux démarches officielles. « Nous demandons aussi une aide pour trouver un autre pavillon si l’option européenne était impossible car notre bateau est trop vieux », explique Francis Vallat. Trop vieux l’Aquarius et ses plus de 30 ans ? À moins d’une dérogation, il sort en effet des « limites d’âge » imposées par les pays européens qui tournent autour de 20 ou 25 ans.

Angélique Schaller (La Marseillaise, le 27 septembre 2018)

17.000. Le nombre de morts en Méditerranée depuis 2014, date à laquelle l’Oice international des Migrations a commencé ce recensement, comptabilisant le nombre de corps retrouvés.

« Un crime contre l’humanité ? »

« Ce que fait l’Europe avec l’Aquarius, c’est décourager les sauvetages en mer. En fait, la gestion de la crise par l’Europe est de laisser mourir les gens en mer pour dissuader les prétendants. L’ONU l’a dit : en 2018, une personne sur 18 est morte en mer. Ce chiffre était de 1 sur 42 en 2017. C’est pour cela que l’on doit se poser la question : n’est-on pas en train d’assister à un crime contre l’humanité ? »

Cédric Herrou, agriculteur niçois, condamné pour avoir aider des migrants.

La Marseillaise, le 27 septembre 2018

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