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Alain Hayot. « Remettre la culture au cœur du combat émancipateur »

Le « Réseau culture » du PCF organise aujourd’hui et demain une Convention nationale pour l’art, la culture et l’éducation populaire, au siège du parti à Paris, place du Colonel-Fabien. 3 questions à Alain Hayot, à l'origine de l’initiative.

Alain Hayot est délégué national du PCF à la culture et ancien vice- président de la Région Paca en charge de la culture.

La Marseillaise. Quel est l’objectif de ces deux journées ?

Alain Hayot. Il s’agit d’une des conventions de préparation du congrès extraordinaire du PCF qui se tiendra fin novembre et où le parti va réaffirmer sa présence politique et son projet vis-à-vis de la société. L’enjeu culturel fait partie intégrante de cette démarche. Notre ambition est de remettre la culture au cœur du combat émancipateur. Le monde de l’art et de la culture traverse la crise la plus importante de son histoire, due à des politiques de démantèlement du ser- vice public depuis au moins trois quinquennats. À cela, s’ajoute le processus de marchandisation qui s’empare du champ culturel et le livre à l’appétit des grandes industries, en particulier des Gafam(*). Enfin, la culture est prise à par- tie par une sorte de populisme qui es- saie de la réduire à un regard sur le passé, à un repli identitaire. Comme quand Eric Zemmour se permet de dire qu’il y a des prénoms culturellement français et d’autres qui ne le sont pas. Cette convention a pour ambition de définir les perspectives pour dépasser cette crise et refonder le service public de la culture.

La Marseillaise. Est-ce parce que l'État n’est pas capable d’être vecteur d’éducation populaire que le monde associatif a pris le relais ?

Alain Hayot. Un des grands drames ces dernières années est la rupture entre l’art et la création d’une part, et la culture et l’éducation populaire d’autre part. L’art relèverait de l’élite et serait réservé à des sachants, avec de l’autre coté, un peuple juste bon à recevoir du pain et des jeux. Un des axes sur lesquels on travaille, c’est comment renouer le lien entre l’art et l’éducation populaire. Cela passe effectivement par la mobilisation d’un tissu associatif considérable, mais marginalisé, à qui on enlève les emplois aidés, à qui on baisse les subventions…

La Marseillaise. Quel état des lieux dressez-vous de la situation dans la région Sud-Paca ?

Alain Hayot. C’est une grande région en terme de culture, on y trouve un nombre impressionnant de scènes, de compagnies, de centres chorégraphiques, d’opéras, de festivals etc. Il y a aussi un tissu culturel local ancré dans les quartiers. Quand j’étais en responsabilité, mon souci a été de préserver l’existence d’une politique publique régionale et de soutenir la proximité. J’ai, hélas, l’impression que nous sommes dans une phase de régression. Les budgets sont en baisse, les subventions réorientées de telle manière que les petites structures sont laissées à l’abandon. De belles initiatives ont été supprimées, comme Babel Med Music. Je suis très inquiet. Aujourd’hui, les politiques culturelles publiques ne peuvent plus être pyramidales, il faut qu’elles soient en rhizome, qu’elles irriguent les territoires. La production artistique, ça n’est pas quelques grands artistes en haut et un désert culturel en bas, mais des territoires riches culturellement qui ne demandent qu’à se développer.

Propos recueillis par Sabrina Guintini (La Marseillaise, le 28 septembre 2018)

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