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Ryanair plie socialement et revient à Marseille

On a gagné !

Sept ans après son départ sur fond de refus des lois sociales nationales, le PDG de Ryanair a annoncé hier son retour à Marseille et l’ouverture d’une base à Bordeaux. Avec pour la première fois des emplois sous contrat français pour les personnels au sol comme pour les navigants.

Sept ans après avoir plié bagages, la compagnie low-cost irlandaise repose ses valises en France. Un retour surprise annoncé hier à Marseille par le directeur commercial de Ryanair, David O’Brien : « Nous sommes ravis d’annoncer un investissement de 200 millions de dollars dans la première base française de Ryanair, qui générera 2,4 millions de clients par an et créera 60 emplois de pilotes et de personnel de cabine. » Dès avril 2019, deux avions basés à Marignane assureront ainsi 150 vols hebdomadaires vers 40 destinations, dont 11 nouvelles lignes comme Bordeaux, (où la compagnie implantera d’ailleurs une seconde base), mais aussi des villes comme Budapest, Bologne, Naples… « Ce développement est la promesse d’un formidable essor économique et touristique pour l’aéroport et à plus large échelle pour l’ensemble du territoire », a salué le président du directoire d’AMP, Philippe Bernand.

Une victoire syndicale

Au-delà de l’aspect économique, le retour de Ryanair à Marseille sonne surtout comme une victoire pour les syndicats. Pourquoi ? Parce que pour la première fois, c’est sous contrat français et en CDI que seront embauchés l’ensemble des salariés. Un point sur lequel la compagnie avait refusé de céder lors de sa première installation sur le tarmac de Marignane en 2006. À l’époque, le personnel au sol travaille sous contrat irlandais. Un statut très précaire et une concurrence déloyale qui provoque en 2011 un mouvement de colère de la CGT. Elle attaque la compagnie et la fait condamner pour travail dissimulé par la Cour d’appel d’Aix-en-Provence. Refusant de payer les 8,5 millions d’euros d’amende, Ryanair ferme alors sa base marseillaise.

Mais rebondissement : le 19 septembre, la Cour de cassation annule la décision. « Ça reste une victoire ! », explique José Rocamora, responsable CGT Air France à Marseille qui ne renonce pas. « La fraude a été reconnue et on entend désormais qu’elle le soit par la Cour européenne. »

Malgré ce revers, le retour de Ryanair est là encore une victoire pour le syndicaliste : « 60 emplois directs, on ne crache jamais dessus ! Mais encore faut-il que la compagnie respecte ses engagements en matière de droit et de conditions de travail. Nous serons très vigilants là-dessus. »

Il faut dire que ce n’est pas par bonté d’âme que Ryanair a finalement changé de position. Arrivé au maximum de ses possibilités sans base au sol, le seul moyen pour le leader européen du low-cost de conserver son titre face à la concurrence est de se réimplanter en France. Après Marseille et Bordeaux, la compagnie devrait ainsi annoncer prochainement son arrivée à Toulouse et à Nantes.

Steve Claude (La Marseillaise, le 28 septembre 2018)

Repères

2 avions seront basés à Marseille.

60 emplois de pilotes et de personnels de cabine seront créés à Marseille pour du personnel embauché en contrat local. Le projet estime également à 1.800 le nombre d’emplois indirects.

40 lignes seront proposées dont 11 nouvelles destinations : Bologne, Naples, Prague…

200 millions de dollars (171,3 millions d'euros) ont été investis par la compagnie low-cost pour son retour à Marseille.

La Marseillaise, le 28 septembre 2018

Grève européenne pour O' Leary

250 vols sont annulés aujourd’hui par Ryanair suite à la grève lancée par le personnel navigant en Espagne, Belgique, Pays-Bas, Portugal, Italie et Allemagne pour exiger de meilleures conditions de travail et l’emploi via un contrat relevant du pays de résidence du salarié. L’Union européenne a rappelé au PDG O'Leary que « le respect du droit communautaire n’est pas quelque chose sur lequel les travailleurs devraient avoir à négocier ».

La Marseillaise, le 28 septembre 2018

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