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L’édito du TC par Roger Rio. Adieu monsieur Aznavourian

Une icône de la chanson française vient de disparaître. A 94 ans Charles Aznavour a tiré sa révérence. Cet enfant de l’exil et de la guerre était devenu, à la force de sa rage et de sa pugnacité, un des rois de la scène française. Fils d’immigrés arméniens qui avaient fui le génocide perpétré par les Turcs, il avait vu le jour dans ce Paris populaire où se mêlaient les diasporas fuyant la misère, les guerres et les massacres. Son père, Micha et sa mère Knar cacheront la famille Manouchian en 1941 alors que le chef de la FTPF-MOI était traqué par les sinistres brigades spéciales anti-communistes du régime de Vichy. Charles racontait que c’est ce grand résistant qui lui apprit à jouer aux échecs, c’est le souvenir qu’il en avait gardé.

Comme tous ces enfants issus de l’immigration, il avait une furieuse envie de s’intégrer, d’être français à part entière et de réussir pour lui même et pour ce pays qui avait accueilli sa famille. On connait la suite. Plus de 180 millions de disques vendus à travers le monde, plus de quatre vingts films, dont certains resteront dans les mémoires comme un Taxi pour Tobrouk ou les fantômes du chapelier. Il a chanté dans une centaine de pays, de Los Angeles à Tokyo, de Moscou à Berlin. Dans son domaine, il a fait rayonner la culture et la langue française auprès de gens qui n’auraient sans doute jamais approché cette culture sans lui.

Il y avait aussi le Charles Aznavour moins étincelant, celui qui comme bien d’autres stars s’est exilé à l’étranger, pour ce qui le concerne, en Suisse. Il sera condamné à une forte amende en 1979 pour fraude fiscale. En mars 2018, la presse révèle qu’il a pu défiscaliser légalement une grande partie de ses revenus de droits d’auteur par le biais d’une entreprise qu’il a ouverte en 2007 au Luxembourg. Lors des diverses élections présidentielles, il s’était toujours clairement situé à droite, soutenant, tour à tour, Giscard d’Estaing, Chirac et Sarkozy. Enfin, lui le fils d’immigrés, provoque la polémique le 8 janvier 2018 en déclarant qu’on « pourrait faire un tri » entre les migrants pour garder les « génies » et les « gens utiles » dans un contexte d’augmentation des demandes d’asile en France. Il avait sans doute oublié les paroles d’« emmenez moi » !
 

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