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Perpignan. 1.500 personnes dans la rue pour dire « stop à Macron »

La pluie a finalement épargné les manifestants. Hier matin, ils étaient environ 1.500 (1.200 selon la préfecture, 2.000 selon les syndicats) à battre le pavé perpignanais. Retraités, cheminots, enseignants, pompiers, salariés d’établissements de santé : de nombreux corps de métiers étaient descendus dans la rue pour s’opposer à la « casse du modèle social républicain ». La politique « ultralibérale » du président de la République, Emmanuel Macron, était clairement en ligne de mire. Certaines revendications départementales étaient également à l’ordre du jour. Comme la réouverture de la ligne ferroviaire Perpignan-Villefranche, la défense du Train jaune ou le soutien aux salariés des maisons de retraite et des établissements de santé qui réclament plus de moyens humains.

Doléances locales

Une délégation d’employés de Pôle emploi était aussi venue dénoncer les coupes franches dont ils sont victimes. « On a déjà eu une baisse des effectifs l’an dernier et on va en avoir une nouvelle cette année », déplore la déléguée syndicale SNU de Pôle emploi Christelle Lara. « Dans les Pyrénées-Orientales, on pourrait perdre une vingtaine de postes. La charge de travail devient explosive. On est l’un des départements les plus sinistrés de France en matière d’emploi… » L’avenir s’annonce tout aussi orageux du côté de la Caisse d’allocations familiales. « Il y a une volonté de ne plus investir dans le social », s’énerve Jérôme Capdeville, président de la Caf des P.-O. et secrétaire départemental du syndicat FO. « Notre capacité d’action auprès des familles s’en trouve limitée. »

Motiver les troupes

Un peu plus loin dans le cortège, les professeurs du collège Jean-Macé, l’un des seuls de Perpignan à ne pas dépendre du réseau d’éducation prioritaire, expriment également leur colère. « Nous avons de plus en plus d’enfants en difficulté et on est à 28 ou 29 élèves par classe », expliquent les enseignants. « Il ne faut pas déshabiller Pierre pour habiller Paul. L’éducation doit être prioritaire pour tous. » Les privés d’emplois de la CGT, qui avaient participé en amont au blocage du dépôt perpignanais des bus de la Région (bus à 1 euro, cars scolaires…) étaient aussi de la partie. Pour réclamer la gratuité des transports à Perpignan. Certains conducteurs de bus à 1 euro se sont également joints au cortège (selon les syndicats, 40% du personnel roulant a fait grève hier). Les motifs de colère ne manquent pas. Et encore : selon le secrétaire départemental de la CGT, Jean-Claude Zaparty, la situation sociale est encore plus tendue qu’il n’y paraît. « Le mécontentement est plus grand que ne le laisse penser la mobilisation », assure-t-il. « Face à un pouvoir intransigeant, notre adversaire le plus terrible, c’est la résignation. » Les syndicats comptent bien mettre les bouchées doubles pour remotiver les troupes.

Arnaud Andreu (L'Indépendant, le 10 octobre 2018)

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