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Taxe d’habitation. Le palmarès des communes qui ont voté une hausse

Les ménages doivent recevoir dans les prochains jours une taxe d’habitation à la baisse. Pas partout.

La baisse de la taxe d’habitation ne sera pas ressentie de la manière aux quatre coins du département. Mesure phare du quinquennat d’Emmanuel Macron, la diminution progressive, 30% dès 2018 sous conditions de revenus, vers l’exonération de cet impôt local à l’horizon 2020, devrait entraîner quelques incompréhensions chez les contribuables qui au contraire connaîtront une stabilité, voire une augmentation de leur facture. En cause : la décision dans le département de 43 municipalités qui ont augmenté les taux communaux, comme le permet la loi. À l’opposé, trois communes ont décidé de baisser cet impôt : Le Perthus (-54,4%), Fontrabiouse (-5%), et Llagone (-4,6%), quand 180 ont préféré ne pas toucher à ce taux.

« Trouver l’argent quelque part »

Alors que l’exécutif s’était engagé à verser aux communes le manque à gagner des baisses de recettes, un maire sur cinq du département, principalement dans les petites communes, a décidé de faire fi de cette promesse en augmentant les taux. Alors que nous avons essayé de contacter hier plusieurs maires ayant fait ce choix, rares sont ceux qui ont bien voulu nous répondre. Parmi eux, Jean Vila, maire communiste de Cabestany, a fait voter en 2018 une hausse de 2,4 % de cette taxe d’habitation. « Si on veut bien assurer les services municipaux pour les habitants, dans le contexte où l’État a baissé de moitié en quatre ans ses dotations à la commune, il faut bien trouver de l’argent quelque part. Cela fait trois ans que nous augmentons cette taxe pour compenser, en toute petite partie, ce manque à gagner des dotations. Il demeure que nous avons un des taux les plus bas des communes de notre strate ».

« La règle argelésienne »

Maire divers-gauche d’Argelès-sur-Mer, Antoine Parra assume également « cette hausse douce et supportable » de 2% en 2018. Cela représentera une hausse des recettes à hauteur de 200.000 €. « C’est une règle argelésienne. Tous les ans, nous augmentons la taxe d’habitation. La vie de la commune l’exige, en sachant que nous avons un taux en deçà des moyennes départementales et nationales. La situation particulière d’Argelès-sur-Mer, avec sa forte saisonnalité, nous oblige à faire des investissements importants ». D’un autre côté, l’élu réfute toute crainte de voir les compensations de l’État à la baisse dans les années à venir. « Elle sera calculée sur les taux de la taxe d’habitation de 2017. Cela a été annoncé clairement, donc à aucun moment cette hausse sur Argelès n’a été faite par peur d’un désengagement de l’État ».

Julien Marion (L'Indépendant, le 13 octobre 2018)

Quand la référente locale LREM vote une hausse de la taxe d’habitation

La nouvelle mairesse de Mont-Louis, Joëlle Cordelette, n’aura pas fait partie des 30.000 premiers magistrats félicités hier par le Premier ministre Édouard Philippe qui, au cours d’un déplacement à Clermont-Ferrand, s’est exprimé sur les évolutions de cet impôt. En proie à des difficultés budgétaires et alors que de lourds investissements sont nécessaires sur la commune inscrite au patrimoine mondiale de l’Unesco, la majorité municipale a fait le choix d’augmenter son taux de près d’un point. Référente départementale depuis l’été 2017 de la République en Marche, Frédérique Lis, première adjointe et fille de la mairesse, a donc voté cette hausse d’un impôt que la majorité présidentielle devrait pourtant d’ici 2020 supprimer. Une contradiction que la jeune élue assume. « Évidemment que je défends cette mesure fiscale du gouvernement, mais aussi celle du conseil municipal. La situation financière de Mont-Louis est particulière et cette hausse de la taxe d’habitation s’inscrit dans un programme établit sur plusieurs années afin de réaliser les travaux nécessaires ». Frédérique Lis avoue aussi que les « angoisses » des élus sur la maîtrise des finances communales « sont tout à fait légitimes. Il faut entendre ces messages et y répondre. Cette relation Éta-commune est une vraie question et je suis bien placée pour le dire. Maintenant, le président et le gouvernement n’ont eu de cesse de prendre des engagements et je sais que l’on peut leur faire confiance ».

L'Indépendant, le 13 octobre 2018

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