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Catalogne. Pedro Sànchez a besoin des catalanistes

Pedro Sánchez a dû pousser un « ouf » de soulagement mardi lors de la rupture entre partis indépendantistes catalans. L’ultimatum que venait de lui adresser le président de la Generalitat Quim Torra, le sommant d’ouvrir avant deux mois des négociations bilatérales sur un référendum d’autodétermination et d’obtenir la libération des leaders emprisonnés, le mettait en effet dans une fâcheuse posture. Or, le chef du gouvernement espagnol a besoin de tous les partis qui l’ont porté au pouvoir (via motion de censure) pour faire adopter son projet de budget 2019.

Soutien contre concessions

Jeudi, Pedro Sánchez a obtenu cette promesse de Pablo Iglésias, le secrétaire général de Podemos, en échange d’un pacte social : le salaire minimum interprofessionnel passera des 736 euros mensuels actuels à 900 euros, les pensions seront augmentées de 3 %, les grandes municipalités auront le pouvoir de réguler les loyers et les grandes fortunes de plus de 10 millions d’euros devront payer 1 % de plus d’impôt. Le vote des élus basques étant acquis, reste à séduire les Catalans (PDECat et ERC) de faire la même chose. En sortant du Conseil des ministres jeudi midi, la ministre des Finances María Jesús Montoro a promis 2,2.milliards à la Catalogne. La vice-présidente du gouvernement espagnol, Carmen Calvo, a de son côté, assuré que le décret que Mariano Rajoy s’était empressé de signer au lendemain du référendum d’indépendance du 1er octobre, pour inciter à la « fuite d’entreprises » du territoire catalan, sera annulé incessamment. La porte-parole du gouvernement de Pedro Sánchez, Isabel Celaá, a enjoint les partis indépendantistes catalans de « sortir de leur labyrinthe » et de voter le budget espagnol.

La libération des prisonniers en jeu

Mais, même désunis, ERC et PEDCat ne lâcheront pas prise facilement : Pedro Sánchez devra tout de même se mouiller, non seulement sur une formule d’autodétermination, mais surtout sur la question incontournable des dirigeants emprisonnés ou en exil, a insisté hier à Madrid en séance parlementaire la vice-présidente du groupe PDECat au congrès des députés espagnol, Miriam Nogueras. Même si Pedro Sánchez insiste sur la séparation des pouvoirs exécutif et judiciaire, il n’en demeure pas moins que la nouvelle procureure générale, María José Segarra, qu’il a nommée dès son arrivée au palais de la Moncloa il y a 3 mois, devrait avoir toute latitude pour formuler une modification des chefs d’inculpation, l’accusation pour rébellion (qui requiert l’usage des armes). D’ailleurs, des voix s’élèvent, dont celle de Pedro Sánchez lui-même, qui jugent que si la date du procès se fait attendre et que le verdict ne tombe que dans 8 ou 9 mois, il faudra bien relâcher les neuf dirigeants indépendantistes en détection provisoire depuis près d’un an. Mardi prochain, des mobilisations sont annoncées à Barcelone pour le premier anniversaire du confinement en prison des présidents de l’ANC Jordi Sánchez et d’Omnium Cultural, Jordi Cuixart.

Joana Viusà (L'Indépendant, le 13 octobre 2018)

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