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Vendredi noir pour le PS. Il déménage et perd son aile gauche

Emmanuel Maurel a annoncé hier son départ du Parti socialiste.

Six mois après le Congrès d’Aubervilliers, c’est un nouveau coup dur pour les socialistes : le député européen Emmanuel Maurel a annoncé hier son départ du PS, avec une partie de l’aile gauche du parti, pour se rapprocher de La France insoumise.

« Le PS ne correspond plus à l’idée que je me fais du socialisme. Son but, c’est la défense des intérêts des gens modestes. La stratégie pour répondre à cet objectif, c’est le rassemblement des forces de gauche. Le PS a perdu de vue et l’objectif, et la stratégie », justifie Emmanuel Maurel dans une interview au Monde.

Un poids lourd du Parti socialiste

Le chef de file de l’aile gauche du PS, qui a obtenu 18,8% des voix lors du Congrès d’Aubervilliers en avril, reproche aussi aux socialistes de ne pas avoir « tiré les leçons du quinquennat de François Hollande », et de s’aligner sur les positions d’une « social-démocratie européenne (qui) a failli ».

Il estime que la nouvelle direction du PS n’a pas su « incarner le sursaut ». Emmanuel Maurel emmène une partie de ses troupes de L’Union et l’espoir. « Je n’annonce pas un départ mais une scission. Aujourd’hui, je ne pars pas seul, mais avec de nombreux militants, des centaines de cadres et d’élus sur l’ensemble du territoire », affirme-t- il. Une de ses proches promet la publication prochaine d’une liste de 500 noms.

La sénatrice Marie-Noëlle Lienemann devrait suivre son exemple aujourd’hui, lors d’un Conseil national du PS, selon son entourage.

Emmanuel Maurel rejoint-il La France insoumise ? A priori non, l’idée étant plutôt de créer avec le Mouvement républicain et citoyen (MRC) une nouvelle entité alliée à la France insoumise.

L’Union et l’espoir et le MRC ont lancé avant l’été un club, « Nos causes communes », qui a organisé début septembre une université d’été à Marseille dont Jean-Luc Mélenchon était l’invité de marque. Jeudi soir, la direction du PS avait de son côté tenté de minimiser l’événement. Emmanuel Maurel « est seul dans son aventure », avait affirmé Pierre Jouvet, un proche du premier secrétaire, Olivier Faure. Selon l’ancien député Laurent Baumel, membre du courant d'Emmanuel Maurel mais qui fait, lui, le choix de rester au PS, la moitié des militants de L’Union et l’espoir pourrait quitter le navire. Laurent Baumel devrait reprendre la direction du courant, avec la première secrétaire fédérale des Bouches-du-Rhône, Nora Mebarek.

Le PS obligé de vendre son siège

Quelle que soit l’ampleur des défections, l’annonce d'Emmanuel Maurel est évidemment une mauvaise nouvelle pour le PS, qui prend acte de son départ le jour où le parti quitte la rue de Solférino. En difficulté financière après ses échecs électoraux, le parti socialiste a été contraint de mettre son siège en vente. Il a été acquis par la société Apsys, une société foncière spécialisée dans le réaménagement immobilier, pour un montant de 45,5 millions d’euros. Le PS, lui, s’installera dans ses nouveaux locaux d’Ivry-sur-Seine à la fin du mois d’octobre.

L'Indépendant, le 13 octobre 2018

Courants contraires

Les mauvaises nouvelles s’accumulent pour le Parti socialiste. Le jour où le PS quitte son siège rue de Solférino, il accuse le coup de la défection de l’une de ses composantes la plus à gauche. L’hôtel particulier devenu QG emblématique du PS en 1980, symbolise l’ascension de François Mitterrand. Conquête du PS, ensuite de la France entière. Gouvernements, majorités, changements de politique se sont concoctés entre ces murs. Un passé révolu. Bye-bye Paris, bienvenue à Ivry. Changement de standing obligé au vu des déroutes électorales. Ces cuisantes défaites n’ont pas soudé la famille socialiste. Bien au contraire puisqu’hier Emmanuel Maurel, député européen très marqué à gauche, a claqué sèchement la porte. Il ne connaîtra pas les nouveaux locaux. Il pourrait rejoindre la France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon, et pas tout seul. Dans sa musette, il emporte des cadres et plusieurs escouades de militants. Selon lui, plus qu’un simple départ, on parle là de scission. Une de plus. Quand le navire du PS voguait sur un grand fleuve tranquille, il pouvait affronter les courants. Aujourd’hui, le lit de la rivière semble totalement sec. Et le bateau, échoué.

Michel Litout (L'Indépendant, le 13 octobre 2018)

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