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Budget de l’an II. Bataille autour du pouvoir d’achat

Premier volet aujourd’hui du projet de loi des finances 2019.

La traditionnelle saison budgétaire, qui va durer jusqu’à Noël, débute aujourd’hui par le premier  volet du projet de loi de finances (PLF) 2019, consacré aux « ressources » de l’État, c’est-à-dire impôts et taxes, durant une longue semaine.

Le cap a été fixé l’année dernière et pour cinq ans, avec un allègement de la fiscalité sur le capital pour l’orienter vers l’investissement, un objectif de réduction de la dette ainsi que des dépenses publiques contenues.

Mais entre une croissance molle (1,7% attendu par Bercy) et les promesses à Bruxelles de bonne conduite budgétaire, ce budget n’a pas été évident à boucler. Le déficit public devrait atteindre 2,8% du PIB en 2019 contre 2,6% cette année.

« Tours de passe-passe »

Alors que la politique d’Emmanuel Macron est perçue comme inégalitaire par une partie de l’opinion, la baisse des impôts atteindra l’année prochaine six milliards d’euros pour les ménages, « plus grande baisse » depuis 2008, affirme le ministre des Comptes publics, malgré les hausses de taxes sur les carburants et sur le tabac, évaluées par le gouvernement à 2,3 milliards d’euros. Gérald Darmanin met en avant « la deuxième tranche de suppression de la taxe d’habitation, le plein effet des baisses de cotisations sociales, la mesure de correction de la contribution sociale généralisée (geste fiscal pour 300.000 retraités, ndlr), le coup de pouce aux heures supplémentaires ». Mais les oppositions crient au mensonge sur ces 6 milliards, du fait de « singuliers oublis » selon LR, de tours de « passe-passe » selon les socialistes voire d’une « arnaque » aux yeux de la gauche de la gauche. L’Observatoire français de la conjoncture économique (OFCE) a évalué à 3,5 milliards le gain de pouvoir d’achat l’an prochain pour les ménages, en incluant notamment le quasi-gel des pensions de retraites et des allocations. Cette mesure figure dans le projet de budget de la Sécurité sociale, qui sera examiné en parallèle en commission.

Les retraités dans la rue jeudi

Selon l’Institut des politiques publiques (IPP), le gain de pouvoir d’achat retomberait même à 1,2 milliard d’euros si l’on prend en compte la hausse des taux de cotisation pour les retraites complémentaires des salariés du privé.

Tous les ménages, en outre, ne seraient pas logés à la même enseigne. Les réformes de 2018 et 2019 entraîneront ainsi une hausse du revenu disponible de près de 1% pour les 60% de « ménages intermédiaires », c’est-à-dire les classes moyennes, et une perte nette de 0,5% à1% pour les 20% de ménages les moins fortunés, souligne l’IPP. Les retraités notamment s’apprêtent à manifester jeudi, pour la quatrième fois en un an, contre les choix budgétaires du gouvernement. Et le mécontentement des foyers recevant des avis de taxe d’habitation en hausse se fait aussi entendre sur les réseaux sociaux, le gouvernement rejetant la responsabilité sur certains maires.

L'Indépendant, le 15 octobre 2018

Il y aura bien un projet de « loi Blanquer »

Il y a un an, Jean-Michel Blanquer, nouveau ministre de l’Éducation nationale assurait que « l’école n’a pas besoin, à chaque alternance politique, d’une nouvelle loi. Elle peut se gouverner autrement. Il n’y aura pas de loi Blanquer, j’en serai fier. » Un an plus tard, la promesse tombe à l’eau et c’est bien une nouvelle loi que prépare le ministre qui succombe comme ses prédécesseurs à ce que l’on pourrait appeler le syndrome de Grenelle, du nom de la rue où se situe le ministère. Le syndrome qui veut que chaque ministre souhaite laisser son empreinte. A la décharge du ministre, devenu un poids lourd du gouvernement, la mise en œuvre de toutes les mesures nécessitait vraisemblablement d’en passer par un projet de loi.

Ce projet qui pourrait s’intituler « Pour une école de la confiance », doit être dévoilé aujourd’hui devant le Conseil supérieur des programmes, organisme consultatif. Le texte qui a fuité via plusieurs sites web spécialisés comprend vingt-quatre mesures qui doivent entrer en vigueur en septembre 2019 et, pour un volet relatif à la réforme territoriale le 1er janvier 2020.

L’instruction obligatoire dès l’âge de 3 ans, une réforme de la formation des enseignants, la possibilité donnée aux surveillants d’enseigner, un nouveau découpage national pour les rectorats, et la mise en place d’un nouveau Conseil d’évaluation de l’école en font partie.

L'Indépendant, le 15 octobre 2018

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