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Catalogne. Triste anniversaire pour les Jordis

Hier, à 19 heures, date du premier anniversaire de l’emprisonnement de Jordi Cuixart et de Jordi Sánchez, présidents respectifs des associations Omium Cultural et de l’ANC, de nouvelles mobilisations ont eu lieu à l’esplanade devant la prison de Lledoners mais aussi Plaça de Catalunya à Barcelone, sous la bannière : « Un an de honte. Un an de dignité ».

La donne a changé

L’arrivée inopinée au pouvoir du socialiste Pedro Sánchez il y a trois mois avait semblé modifier la donne entre Madrid et Barcelone. Une première rencontre entre le chef du gouvernement espagnol et le président de la Generalitat Quim Torra, venant s’ajouter à la nécessité d’entraide réciproque pour faire voter les budgets 2019 -espagnol, barcelonais et catalan-, faute de majorités suffisantes de tous côtés, ouvrait la porte à des tractations. Mais en Catalogne, le sort des leaders indépendantistes emprisonnés a fini par dominer l’actualité.

En une semaine tout a été remis en question, les leaders catalans doutant de la volonté réelle de Pedro Sánchez de plancher sur les deux sujets qu’ils jugent fondamentaux : la libération des neuf leaders qui, sans avoir été jugés, « purgent », en prison préventive, une future peine éventuelle ; et la recherche d’une formule constitutionnelle autorisant une consultation référendaire sur l’autonomie de La Catalogne. Or le sort des reclus devient crucial. Tandis que le gouvernement de Pedro Sánchez assure que la séparation des pouvoirs exécutif et judiciaire ne lui permet pas d’intervenir (même auprès de la procureure générale, pourtant nommée par lui) les manifestations réclamant leur libération sont devenues quotidiennes. Au point que les prisonniers eux-mêmes s’en émeuvent. Comme Jordi Cuixart qui hier faisait savoir via ses proches que « l’objectif n’est pas de sortir de prison, mais de faire face avec détermination et courage au prochain assaut de l’État ».

Contre la prison

La prison préventive pour les neuf indépendantistes est qualifiée au minimum « d’injuste » voire « d’indécente » par une majorité de Catalans (comprenant les partis indépendantistes et les « Comuns »), et au minimum, de « disproportionnée » par Miquel Iceta à la tête les socialistes catalans. Quelques magistrats espagnols commencent à oser dénoncer de telles mesures. Pas plus tard qu’hier, Pascual Sala -qui fut successivement président du Tribunal Suprême et du tribunal Constitutionnel espagnols-, exprimait sa désapprobation tout en récusant les chefs d’inculpation retenus par le juge d’instruction (principalement le crime de rébellion ou de sédition), les actes que l’on peut reprocher aux deux Jordis, ne méritant tout au plus, à son avis, qu’une inculpation pour des « désordres et désobéissance aux tribunaux ». Deux juristes andalous s’expriment régulièrement contre l’emprisonnement des leaders catalans : l’ex juge Elpidio José Silva qualifie le procès que prépare la haute cour de justice contre le référendum illégal du 1er octobre 2017 (1-O) de « fraude absolue », et le professeur en chaire de droit de l’université de Séville, Javier Pérez Royo assure qu’en l’absence du principal accusé (Carles Puigdemont dont la justice belge a refusé l’extradition pour rébellion), les anciens ministres de ce dernier ne pourront pas être jugés pour le « crime du commanditaire ».

Joana Viusà (L'Indépendant, le 17 octobre 2018)

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