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Vers une majorité moins indépendantiste au Parlement de Catalogne

Un an après, sous les effets de l’implacable instruction judiciaire menée en accusateur par le juge de la Cour Suprême Pablo Llarena, la prison pour la moitié du gouvernement catalan démis, un exil doré pour son président, et les belles paroles de son « double » à la tête de la Generalitat ont soumis à dure épreuve les trois partis indépendantistes ERC, JxCat et la CUP.

Former une majorité absolue

À eux trois, ils formaient pourtant une majorité absolue au Parlement de Catalogne, re-confirmée le 21 décembre dernier, à l’issue des élections convoquées par l’ex chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, qui croyait avoir « décapité » le souverainisme. Lors de la rentrée parlementaire, les élus d’ERC et de JxCat devaient prendre une décision à propos de l’inhabilitation prononcée par le juge d’instruction à l’encontre de leurs camarades incarcérés et exilés. Le président du Parlement, Roger Torrent, membre d’ERC, risquait d’avoir à prendre lui aussi le chemin de la prison s’il s’opposait à l’injonction du juge… En conséquence, il a obtempéré et la majorité absolue s’est envolée. Entre-temps, Oriol Junqueras a repris son leadership. Prônant le « réalisme » politique, le leader d’ERC et ex vice- président de la Generalitat, a laissé tomber « pour le moment » l’indépendance « unilatérale ». C’est grâce à l’alliance avec Podemos (quatrième force politique au congrès des Députés), ERC, PDECat et avec les basques du PNB, que le leader du PSOE, Pedro Sánchez a remporté la motion de censure contre la droite le 31 mai dernier. Et c’est grâce à ce travail de rapprochement avec les « podémites » que le coup de théâtre de la semaine dernière a pu se produire : Pablo Iglésias (à la demande de Junqueras) s’est rendu au centre pénitentiaire de Lledoners et a parlementé pendant plus de trois heures avec le dirigeant indépendantiste emprisonné Le lendemain, le leader de Podemos a discuté pendant trois quarts d’heure au téléphone avec Carles Puigdemont, qui l’a invité à venir le voir à Waterloo ! Ces jours-ci. La CUP devrait décider en conclave révolutionnaire, si leurs élus occuperont ou non leurs quatre sièges au parlement catalan. La raison ? Le président de la Generalitat Quim Torra aurait renoncé à déclarer l’indépendance et gérerait la Generalitat en « autonomiste ». Quant au « Conseil de la République » fondé lundi en Belgique, la parlementaire de la CUP Natàlia Sánchez avoue dans le quotidien ARA d’hier qu’il « ne se nourrit que de symbolisme et de rhétorique ».

Un soutien salvateur ?

De majorité absolue, à la majorité simple, la défection de la CUP qui menace de déserter, pourrait mener à la disparition du pouvoir indépendantiste au sein du parlement catalan. Seul le soutien du parti « podémiste » Catalunya en Comú pourrait sauver une majorité en miettes… Le Conseil de la République Carles Puigdemont, entouré de son successeur à la présidence de la Generalitat Quim Torra, de la « ministre » de la présidence Elsa Artadi, du chef de file parlementaire d’ERC, Sergi Sabrià, ainsi que des ex-membres du gouvernement catalan en exil et des représentants des associations ANC, Omnium Cultural, AMI a présenté lundi à Waterloo, le « Conseil pour la République ». Le nouvel organisme sera présenté le 30 octobre au palais de la Generalitat.

Joana Viusà (L'Indépendant, le 24 octobre 2018)

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