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La famille d’Amarilda, originaire d’Albanie, embarquée par la PAF

Les soutiens craignent une reconduite à la frontière imminente.

L’émotion est grande au sein de tous les membres du comité de soutien à la famille Mitaj. Hier, les parents et leurs deux enfants, déboutés du droit d’asile par deux fois, ont été saisis vers 14h alors qu’ils se présentaient dans les locaux de la Police Aux Frontières de Perpignan, comme ils le font chaque semaine dans le cadre de leur assignation à domicile.

Sans avis préalable, Amarilda, 16 ans, son frère Kevin, 10 ans, et leur mère Marjane, ont été séparés de leur père Kastriot et emmenés dans deux fourgons. « Avec six autres professeurs du collège Pons (où est scolarisée l’aînée, NDLR), nous les avons accompagnés dans les locaux de la PAF, et alors que nous attendions à l’extérieur, Amarilda nous a appelés en panique pour nous prévenir que les policiers les conduisaient à Cornebarrieu, près de Toulouse, au Centre de Rétention Administrative », raconte sa prof de math, Sabrina Nouni. « La famille est entrée par la rue Pépinière Robin, comme d’habitude, et tandis que nous les attendions au même endroit, ils ont été évacués par l’autre sortie, avenue de Grande-Bretagne, de sorte que personne ne les a vus sortir », poursuit Sabrina Nouni.

« On veut pas partir, on va mourir »

« Ils sont partis sans même repasser par leur hôtel récupérer leurs affaires, cette façon de faire nous choque vraiment », s’émeut encore l’enseignante. « Amarilda m’a appelée depuis le fourgon, elle était dans un état désespéré, elle me disait en pleurant : "Aidez-nous, on veut pas partir, on va mourir" », raconte encore Maryse Martinez, présidente du MRAP 66.

Toutes les associations d’aide aux migrants, (Cimade, Mrap, Asti, Resf etc) sont sur le pied de guerre. Elles redoutent une expulsion imminente de la famille. Depuis des mois, ils défendent ces Albanais bien intégrés en France, et dont la vie du père serait menacée en Albanie. Le comité de soutien exhorte les autorités à la clémence, présentant des éléments qui tendent à prouver la version des faits des demandeurs d’asile. Dernièrement, la position de la préfecture les avait laissé espérer que les autorités attendraient l’avis de la Commission Nationale du Droit d’Asile, qui doit examiner un recours. Mais légalement, cet appel n’est pas suspensif.

Sophie Babey (L'Indépendant, le 25 octobre 2018)

100 personnes mobilisées

« Afin d’exécuter des décisions de justice, un vol commercial a été réservé à destination de l’Albanie en août dernier. Les intéressés ne se sont pas présentés à l’embarquement et se sont donc soustraits à l’exécution de leur obligation de quitter le territoire. En conséquence, au vu de leur refus d’embarquer, un placement au CRA de Toulouse pour le temps strictement nécessaire à l’organisation de leur départ, ainsi que des moyens aériens dédiés ont été programmés afin de les reconduire dans leur pays d’origine. Ces personnes éloignées se maintenaient irrégulièrement sur le territoire français depuis deux ans, malgré les décisions préfectorales validées par les juridictions administratives. Le Préfet des Pyrénées-Orientales agit en exécution des décisions de justice. » C’est ainsi, par communiqué, que le préfet Philippe Chopin a justifié hier soir les mesures prises à l’encontre de la famille Mitaj. Déclenchant ainsi un vent de colère parmi les soutiens de ces Albanais, et notamment de la jeune Amarilda. Une vingtaine d’enseignants avaient encore fait le déplacement hier soir devant la préfecture dont une majorité issue du collège Pons, où elle suit une scolarité exemplaire. Cécile Descamps, sa prof d’histoire-géographie de l’an dernier, était du lot : « On savait que ça pouvait arriver, mais pas comme ça. Ils sont allés signer, et elle devait rentrer faire ses devoirs. Elle dort 3 à 4 heures par nuit pour étudier. Des personnes qui font tant d’efforts méritent de rester en France. » Gabriel Llesta lui, vice-président de l’Association de Solidarité avec Tous les Immigrés, ne décolère pas : « Le préfet a trahi sa parole d’honneur, il avait assuré qu’aucune procédure ne serait engagée avant la réponse de la Commission Nationale du droit d’Asile. Il a attendu les vacances pour décider de les renvoyer. Je crains le pire pour cette famille en Albanie. Ça me révulse. »

L'Indépendant, le 25 octobre 2018

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