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Il y a un an, le Parlement de CLatalogne proclamait la République

Le 27 octobre 2017, une mise sous tutelle administrative était aussi annoncée.

Le 27 octobre 2017, le dépouillement des bulletins d’un scrutin secret (à la demande de certains élus), donnait 70 voix en faveur de la proclamation de la République (Junts per Sí, ERC et la CUP), 10 voix contre (de Catalunya Sí que es Pot), et deux bulletins blancs. Le reste, les 53 élus du PSC, de Ciutadans et du PP, avait quitté l’hémicycle juste avant, en signe de protestation. Or la décision d’instaurer la République, 17 jours après avoir proclamé une indépendance mort-née, puisque le président Carles Puigdemont l’avait proclamée et suspendue dans la même foulée, s’explique par d’intenses promesses comme celle, publique, du président de la Commission européenne Donald Tusk qui se portait garant de l’ouverture du dialogue avec Madrid. Effectivement, il y eut des négociations entre Madrid et Barcelone, qui portèrent sur le retrait des 7.000 gardes civils et policiers envoyés pour combattre le référendum du 1er octobre, restés sur place ; la remise en liberté des deux présidents de l’ANC et d’Omnium Cultural, mis en examen et incarcérés le 16 octobre, et que la menace d’appliquer l’article 155 de la Constitution ne serait pas mise à exécution.

Des élections autonomiques convoquées

En échange, Puigdemont convoquait les élections pour remettre tout à plat. Une conférence de presse était même convoquée pour rendre publique cette décision. Or, à la surprise générale, Carles Puigdemont y annonça que les circonstances l’obligeaient à charger le Parlement d’organiser un vote sur la proclamation ou non de la République catalane. La décision avait été prise in-extremis après une nuit de réunions et un chassé-croisé d’appels téléphoniques entre Barcelone, Madrid et Vitória, la capitale du Pays Basque, le Lehendakari Iñigo Urukullu ayant tenté en vain d’obtenir des concessions auprès du chef du gouvernement central, Mariano Rajoy. Traité de « traître » par certains leaders et par des manifestants massés par centaines devant le Palais de la Generalitat, Carles Puigdemont abandonnait la partie, ce jour-là. Quelques heures après le vote, le Sénat espagnol donnait le feu vert à l’application en Catalogne de l’article 155 de la Constitution, une mesure de tutelle administrative jamais prise depuis l’avènement de la démocratie en Espagne. Par la même occasion Mariano Rajoy destituait l’ensemble du gouvernement de la Generalitat et convoquait des élections en Catalogne. Le 28 octobre, Carles Puigdemont prononce un dernier discours enregistré à Gérone, la ville dont il fut le maire avant d’être appelé à remplacer Artur Mas à la présidence de la Generalitat. Le lendemain soir, il traverse la frontière en voiture et se rend à l’aéroport de Marseille, d’où il prend un avion pour Bruxelles. Sept autres membres de son gouvernement s’exileront avec lui en Belgique, mais deux d’entre eux retourneront en Espagne pour répondre à la convocation de la justice. Tous deux, entrés en prison le 2 novembre 2017, sont en instance de jugement, à l’instar de 16 autres prévenus.

Nouveau scrutin indépendantiste

Le scrutin des élections autonomiques catalanes du 21 décembre élections redonne la victoire aux candidatures indépendantiste. Carles Puigdemont, tête de liste de Junts per Catalunya (JxCat) en exil, et d’Oriol Junqueras, chef de file d’ERC, en prison depuis le 2 novembre, sont tous deux largement réélus. Mais en revanche, c’est Inés Arrimadas tête de liste de Ciutadans (droit unioniste) qui obtient le plus grand nombre de voix, insuffisant pour conquérir la présidence de la Generalitat. Son résultat brillant visibilise toutefois la voix des citoyens catalans opposés au processus d’indépendance. L’exil de Carles Puigdemont et de ses ex-ministres, et surtout les réponses négatives des tribunaux belges, puis allemands, aux mandats d’arrêt formulés par la justice espagnole, ont entraîné une médiatisation intense du sécessionnisme catalan.

Joana Viusà (L'Indépendant, le 27 octobre 2018)

Barcelone contre le roi. Vote de l’abolition

Pendant que le président du gouvernement espagnol dénonce auprès de la Cour constitutionnelle le vote de réprobation du parlement catalan contre le roi Felipe VI, accusé d’avoir pris parti dans le conflit catalan, le conseil municipal de Barcelone a adopté hier la même déclaration institutionnelle et réclame l’abolition de la monarchie. Le texte a été voté par BComú (le parti d’Ada Colau) majoritaire, PDECAT, ERC et deux conseillers non-inscrits.

Joana Viusà (L'Indépendant, le 27 octobre 2018)

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