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Catalogne. Jusqu’à 25 ans de prison requis contre les leaders catalanistes

Le ministère public n’a pourtant pas retenu la « rébellion ».

Hier, un an jour pour jour, après l’incarcération des leaders indépendantistes, le ministère public a fait connaître les peines qu’il requiert contre les neuf principaux accusés, qui seront jugés au Tribunal Suprême. Le chef d’inculpation maximal de rébellion violente est maintenu, ainsi que le détournement de deniers publics envers six d’entre eux qui étaient membres du gouvernement que présidait Carles Puigdemont. Les réquisitions sont assorties d’inéligibilité « absolue » d’une durée équivalente. Pour sa part, l’organe juridique dépendant du ministère de la justice (Abogacia del Estado) a ramené le délit le plus grave au rang de « sédition ». Néanmoins, le délit de malversation étant maintenu, ses réquisitions restent élevées.

25 ans contre Junqueras

Le parquet de la Cour Suprême espagnole requiert donc d’un côté, 25 ans contre le leader d’Esquerra Republicana de Catalunya (ERC), Oriol Junqueras, (ancien vice-président de la Generalitat et ex-conseller (ministre) de l’économie, tandis que l’avocat de l’État réclame au nom du gouvernement, un maximum de 12 années de prison contre ce dernier.

Suivent les réquisitions de 17 ans de prison formulées par le parquet contre l’ex-présidente du Parlement de Catalogne, Carme Forcadell et les deux dirigeants des associations ANC et Omnium Cultural, Jordi Sánchez et Jordi Cuixart, que l’Avocat de l’État ramène respectivement à 10 ans, pour la première, et à 8 ans pour les ‘‘Jordis’’. Même chose pour les ex-ministres Raül Romeva, Joaquim Forn, Jordi Turull et Josep Rull, contre lesquels le parquet réclame 16 années de prison, et l’Avocat de l’État, 11 ans et demi.

Les Mossos aussi

Le ministère public rendait également compte hier des chefs d’inculpation réservés à quatre membres de l’état-major des Mossos d’Esquadra et à un haut cadre du ministère de l’intérieur sous le gouvernement de Carles Puigdemont, qui seront jugés -également pour rébellion- par une autre cour. 11 ans de prison et autant d’inéligibilité sont requis contre l’ex-major Josep-Lluís Trapero, l’ex-directeur de la police catalane Pere Soler et l’ex-secrétaire général d’intérieur à la Generalitat, Cesar Puig. En revanche, le parquet requiert 4 ans de prison pour la lieutenante Teresa Laplana.

Quant au reste des accusés, le ministère public accuse les ex-ministres Santi Vila, Carles Mundó et Meritxell Borràs, de « malversation et désobéissance » et réclame des peines de 7 ans de privation de liberté pour chacun d’eux, plus une période d’inéligibilité de 16 ans ainsi qu’une amende de 100 euros par jour durant 10 mois ainsi que l’interdiction d’exercer toute fonction publique pendant 20 mois. Dans ces trois cas l’Avocat de l’État les accuse de sédition à l’instar des autres membres du gouvernement catalan destitué, et s’aligne sur le parquet en nombre d’années de prison. Le parquet ne réclame que des amendes de 100 euros par jour durant 10 mois et l’interdiction pour une période de 20 mois de postuler à un poste public aux six ex-membres du bureau du parlement, qu’il poursuit pour désobéissance. L’Avocat de l’État ne réclame qu’une amende.

Une « farce »

Plusieurs inculpés en prison préventive ont fait connaître leur réaction, dont celle de Jordi Cuixart qui a qualifié de « farce » le procès qui se prépare et l’ex-conseller Raül Romeva « de représailles contre un projet politique, contre une idéologie » qui mérite selon lui, « l’absolution ». Oriol Junqueras a fait savoir qu’il s’attend à « un procès injuste et à de longues années de prison ».

Joana Viusà (L'Indépendant, le 3 novembre 2018)

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