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1918 - 2018. Tirons les bonnes leçons de l'histoire

A la veille de la commémoration du centenaire de l'Armistice de 1918, il n'est pas vain de rappeler quelques vérités élémentaires qui ne semblent toujours pas évidentes pour tous.

Ainsi entent-on certains vouloir « célébrer » y compris par un défilé militaire, la « Victoire » de 1918. Peut-on encore s'en glorifier un siècle après cette barbarie qui a fait près de 10 millions de morts et 21 millions de blessés, et fut « essentiellement l'oeuvre des hauts industriels des différents Etats de l'Europe, qui la voulurent, la rendirent nécessaire, la firent, la prolongèrent (et dans laquelle) on croit mourir pour la patrie; (mais) ont meurt pour les industriels », (Anatole France dans l'Humanité du 18.07.1922) ?. A l'heure où s'émoussent nombre de repères et se rompent des digues vitales pour assurer une paie durable, il faut réagir contre ce type de reformatage réactionnaire des esprits.

Cette nécessaire vigilance ne concernent pas seulement l'analyse du premier conflit mondial lui-même mais aussi la gestion irresponsable des suites de la « victoire » en question. Cela nous renvoie au traité de Versailles, dont le centenaire, en 2019, sera à surveiller de près. N'a-t-il pas servi de levier à Hitler pour créer les conditions de son ascension au pouvoir en 1933 ? « la guerre 39-45 trouve son origine dans les dispositions du traité de Versailles » reconnait un ancien diplomate français, pourtant grand défenseur de Georges Clémenceau qui fut le négociateur le plus intransigeant de ce traité (1). Le thème de l'humiliation infligée à la nation allemande par le « Dicktat » de Versailles a imprégné des générations d’Allemands.

En outre, avec les « traités annexes » (Saint Germains-en-Laye, Trianon, Sèvres, Lausanne…), Versailles et ses suites ont redessiné le continent européen dans un sens et dans des conditions qui se reflètent encore aujourd'hui, ou plutôt à nouveau dans la montée des nationalismes, dans bien des pays européens. Dans la Hongrie d'Orban par exemple, la référence au traité de Trianon, signé dans la foulée de celui de Versailles, est omniprésente pour entretenir la nostalgie revancharde des frontières de la Hongrie d'avant le « vol », en particulier de la Transylvanie rattachée à la Roumanie en 2020 en guise de récompense pour son ralliement de dernière heure au vainqueur de la guerre 14-18. D'ores et déjà des manifestations commémoratives sont annoncées à Budapest pour le Centenaire de Trianon, qu'Orban souhaite « grandiose et tragique »… De l'autre coté de la frontière, les nationalistes s'apprêtent, au contraire, à célébrer le souvenir de la « Grande Roumanie » héritée de Trianon. C'est comme cela que se nourrissent mutuellement les nationalistes sans que l'on sache jusqu'où ils peuvent conduire les peuples désorientés.

Ces questions ont donc toute leur place dans le débat sur l'avenir de l'Europe, dans et au-delà de l'Union européenne. Répétons à ce propos, une fois encore, l'intérêt majeur que représenterait, dans ce contexte, le lancement d'un processus visant à réunir au plus vite une nouvelle « Conférence pan-européenne de sécurité et de coopération » associant « tous les pays du continent et impliquant les sociétés civiles à sa préparation et à son déroulement ».

José Alséda

(1) : Jacques-Alain de Sédouy, dans un entretien accordé à la Mission du Centenaire.

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