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Saint-Jacques. « Nous ne sommes pas des voyous »

Une centaine d’habitants s’est réunie hier en fin d’après-midi.

Une mobilisation spontanée aux allures de démonstration de force, voilà la réponse des habitants du quartier Saint-Jacques à Perpignan suite au dernier débat du conseil municipal de ce jeudi. À 17h30 hier, ils sont une centaine de riverains a s’être réunis. Difficile de savoir qui est vraiment à l’initiative du mouvement, mais les paroles de ces protestataires sont unanimes. Les derniers mots de l’adjoint à l’urbanisme Olivier Amiel ne passent pas. En effet, lors de la dernière session de ce jeudi, les élus ont une nouvelle fois évoqué la situation du quartier actuellement figée autour de la mise en pause de la destruction de l’îlot Puig dans le cadre du Nouveau programme de rénovation urbaine (NPRU). Olivier Amiel avait alors assuré que « des fonctionnaires de la ville ne peuvent plus entrer dans certains immeubles ou se font insulter ». La phrase a hérissé les poils de ces habitants de Saint-Jacques. « Nous n’insultons personne », répond Kamel Belkebir, « les habitants sont simplement craintifs. Rue de l’Anguille, sept familles ont été relogées et pas par la mairie, par leurs parents ».

Ces riverains avancent leur sentiment d’être « pris pour des imbéciles ». D’autres assurent que « Monsieur Amiel dit que c’est une poignée de voyous qui s’oppose à la destruction. Nous tous là, nous sommes une centaine de voyous ? Vraiment ? ».

« Ne rasez pas notre quartier »

Ce mouvement avait aussi vocation à montrer la solidarité entre les communautés gitanes et maghrébines. « Nous sommes tous ensemble contre la démolition. Si la mairie fait son travail, tout pourrait être rénové mais ne nous chassez pas de nos maisons et ne rasez pas notre quartier », réclame Paul Orell.

« Tout est réalisé sans nous »

Le rassemblement immobile se meut soudainement pour se rendre à l’angle des rues des Remparts Saint-Jacques et Llucia, devant l’HLM Betriu. Ici aussi la crainte d’une destruction est palpable chez les riverains. Badra, vit depuis 52 ans dans ce secteur perpignanais, depuis toujours donc. Après plusieurs déménagements, elle redoute de devoir faire ses cartons une énième fois.

« Oui mon immeuble est insalubre. Mais je ne veux pas qu’il soit détruit. Il peut encore être rénové. Betriu est pris entre deux problèmes : l’hygiène et la délinquance. Mais la démolition n’est pas la solution. Nous ne savons pas ce qu’ils veulent en faire. Tout est réalisé sans nous, comment pourrions-nous ne pas être inquiets ? ».

La nuit tombée disperse la manifestation en place depuis plus d’1h30. Mais tous les participants certifient qu’ils continueront de se mobiliser régulièrement. Les tensions ne sont visiblement pas prêtes de s’apaiser.

Diane Sabouraud (L'Indépendant, le 11 novembre 2018)
 

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