Fédération des Pyrénées-Orientales

Fédération des Pyrénées-Orientales
Accueil
 
 
 
 

Ils étaient 10 000 « de camí cap a Perpinyà » pour la Diada du nord

Les Catalans du sud ont manifesté hier en masse à l’appel de leurs « germans » français.

« Omplim Perpinyà. » Le mot d’ordre inonde les réseaux sociaux en Catalogne depuis des jours. La consigne a été appliquée à la lettre : les « països catalans » ont bel et bien fait la route jusqu’à la capitale roussillonnaise pour l’envahir. 10.000 catalans de Barcelone, de Valence, des Baléares et bien entendu des Pyrénées-Orientales n’ont fait qu’un pour la Diada de la Catalogne nord.

Unité des territoires

À l’origine, cette manifestation de la catalanité s’organise en mémoire du traité des Pyrénées de 1659, quand le Roussillon a été livré à la France par les Habsbourg d’Espagne, un moment clé de la guerre dite de Trente Ans. Aujourd’hui, le message de Marta de Barcelone sur son tee-shirt cristallise non seulement la douleur de ce souvenir mais aussi l’actualité politique brûlante en Catalogne sud : « Una terra, una llengua. » (une terre, une langue, NDLR). « Nous sommes ici pour symboliser l’unité entre tous les territoires de Catalogne », se justifie Àngels venue de Molins de Rei en bus pour l’occasion. Son amie, Carme, précise : « Nous apportons notre soutien ce jour aux Catalans du nord qui sont sensibles à la crise politique que traversent l’Espagne et la Catalogne sud. Nous les remercions d’être à nos côtés depuis le début, depuis l’organisation du référendum pour l’indépendance du 1er octobre 2017. » « Ce moment est très émouvant. C’est ici que nous construisons la citoyenneté et défendons les droits fondamentaux toutes générations confondues », lance comme un cri du cœur Lluís de Montseny. Car comme le rappellent les pancartes brandies dans les airs, neufs dirigeants indépendantistes, accusés de rébellion après une tentative de sécession, sont toujours en détention provisoire dans l’attente d’un procès l’hiver prochain. « La liberté pour les prisonniers politiques », « Carles Puigdemont est notre président », « Sans Valence, pas d’indépendance » étaient les slogans les plus scandés. Le plus fédérateur étant « simplement catalans. » En français, comme en catalan.

Laura Causanillas (L'Indépendant, le 11 novembre 2018)

« Que nos élus s’engagent »

15h30 devant le consulat d’Espagne. Un concert de casseroles résonne. Au son de la « Cassolada », les estelades catalanes flirtent dans les airs avec le drapeau espagnol. Les Angelets de la Terra et leurs sympathisants grondent contre « les 200 ans cumulés de prison pour les personnalités politiques ayant participé à l’organisation du 1-O. » L’occasion pour eux de lancer une campagne « de réveil des consciences de tous les démocrates », avant une manifestation unitaire au printemps, témoigne le leader Ramon Faure. Il poursuit : « Ici, l’engagement est plus faible qu’en Catalogne sud. Or, il faudrait peser dans les débats. Que nos élus s’engagent comme certains le font en Belgique, Allemagne, Suisse. »

L'Indépendant, le 11 novembre 2018

Il y a actuellement 0 réactions

Vous devez vous identifier ou créer un compte pour écrire des commentaires.

 
44 Avenue de Prades 66000 Perpignan Tél: 04.68.35.63.64