Fédération des Pyrénées-Orientales

Fédération des Pyrénées-Orientales
Accueil
 
 
 
 

Une famille russe délogée du centre d’accueil de Perpignan

Ce mercredi, une famille avec trois enfants, installée à Perpignan depuis 5 ans, a été délogée du centre d’accueil des demandeurs d’asile. Après les expulsions récentes de deux familles arménienne et albanaise, le comité de soutien aux sans- papiers dénonce une véritable chasse aux migrants.

Cellule de crise, une nouvelle fois, ce ven- dredi matin, dans les modestes locaux du Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples (MRAP), place des Esplanades à Perpignan. Autour d’Angela Galimova, au français hésitant mais correct, se serrent la présidente des lieux, Maryse Martinez, Anne-Marie Delcamp, du Réseau Éducation Sans Frontières (auquel tout le monde ici est affilié), ou encore Nicole Mathieu, de la Cimade 66. Tous ne se connaissent que trop bien, puisqu’ils font partie du Comité de soutien aux sans-papiers des P.-O. Ces derniers mois, ils étaient aux côtés de la famille Babayan, renvoyée vers l’Arménie avec leur fille en juillet. Ils ont également assisté impuissants à l’expulsion des Mitaj, reconduits avec leurs deux enfants vers l’Albanie le 24 octobre dernier. Cette fois encore, il s’agit d’une famille, avec trois enfants celle-ci, dont la dernière de 4 ans et demi est née à Perpignan. Arrivés d’une région voisine de la Tchétchénie où ils se disent, comme les précédents, victimes de racket et de menaces de mort de la part de cercles mafieux, ils se sont intégrés à Perpignan, notamment en scolarisant leurs trois enfants. Les aînés de 15 et 16 ans fréquentent les lycées Arago et Lurçat.

Jusqu’à mercredi, ils vivaient avec leurs parents, Angela 39 ans, ancienne prof de russe dans la province du Daghestan et leur père Rouslan, 46 ans, ex-négociant en meubles.

Mais mercredi, raconte la mère, « vers 14h30, alors que j’étais dans l’association où je suis bénévole à temps plein depuis 1 an, une quinzaine de policiers sont venus à notre appartement et ont mis tout le monde dehors ». Hébergés en urgence grâce à la chaîne de solidarité du Comité de soutien, les Galimov n’ont qu’une envie : « Rester à Perpignan ! ».

« La famille occupait indûment son logement depuis plus d’un an et demi et s’est vu notifier une mise en demeure. », argue la préfecture des P.-O. ; qui rappelle qu’une décision du tribunal administratif en date du 24 octobre dernier ordonnait à la famille, déboutée de sa demande de droit d’asile, de quitter l’hébergement « sous peine de voir cette décision exécutée avec le concours de la force publique ». La procédure, selon le préfet Philippe Chopin, vise à « permettre à une autre famille dont la demande d’asile est en cours d’instruction de bénéficier d’un logement qui lui est garanti par la loi. »

« On parle humanité, ils nous rétorquent la loi !, s’indigne la présidente du MRAP. Mais aucune loi n’empêche le préfet d’user de son pouvoir discrétionnaire et d’utiliser la circulaire Valls pour tendre la main à une famille bien intégrée en France. »

Le comité s’alarme : « C’est nouveau, ces familles entières qui sont expulsées après des années de vie sur le territoire. C’est la première fois qu’on fait intervenir 15 policiers, et contre des enfants ! » « Le ministère de l’Intérieur s’est lancé dans une véritable chasse aux sans-papiers ! », dénoncent en conclusion les défenseurs des droits de l’homme réunis au MRAP.

Sophie Babey (L'Indépendant, le 17 novembre 2018)

Il y a actuellement 0 réactions

Vous devez vous identifier ou créer un compte pour écrire des commentaires.

 
44 Avenue de Prades 66000 Perpignan Tél: 04.68.35.63.64