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Violences faites aux femmes. Un cortège hétéroclite dénonce

Hier après-midi, en centre-ville de Perpignan, 400 personnes ont manifesté contre les violences physiques et verbales faites aux femmes.

Car les violences faites aux femmes ne concernent pas uniquement les femmes, c’est un cortège très éclectique qui a manifesté hier après-midi dans les rues de Perpignan. A l’occasion de la journée mondiale dédiée à la lutte contre ces sévices, environ 400 personnes ont déambulé du Castillet aux places République et Arago. Au milieu de la foule, une pancarte portée par des jeunes femmes attire particulièrement l’attention. Ces militantes dénoncent la présence du joueur Paddy Jackson(*) dans les rangs de l’USAP. Émilie, Agnès et Emma, membres du Jeune mouvement féministe de Perpignan s’insurgent « qu’un homme accusé de viol et banni des clubs de rugby de son pays soit recruté par l’USAP. C’est très révélateur. Un violeur peut devenir célèbre en toute impunité. Il lui suffit de changer de pays et de club, mais il continue à vivre. Mais une victime ne peut pas échapper à ce qu’elle a subi ».

Filles, garçons, adolescents, retraités, hétérosexuels ou membres de la communauté lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres (fortement mobilisée car partenaire de la manifestation, ndlr), tous ont fermement condamné les violences physiques mais aussi verbales connues par les femmes. Derrière le micro, quelques-unes entament des chants partisans. Repris en chœur par la foule. « On a le sentiment que les choses évoluent un peu. Mais, c’est encore beaucoup trop long. Comment certains se permettent-ils encore de suivre, siffler ou se frotter à une femme ? », s’interroge, très émue, une dame aux cheveux grisonnants.

Cette manifestation a également permis de rappeler un chiffre glaçant : une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son compagnon. Encore et toujours.

Diane Sabouraud (L'Indépendant, le 25 novembre 2018)

(*) Pour rappel : Paddy Jackson et Stuart Olding alors membres de l’équipe nationale de rugby d’Irlande ont été accusés de viol sur la même femme. En mars 2018, ils ont été acquittés par la justice. Néanmoins, à la suite du procès, leurs contrats ont été résiliés par la Fédération irlandaise de rugby.

« On ne parle jamais des hommes battus par leur femme »

Dans la foule, Nathalie, perpignanaise de 58 ans, participe à sa toute première manifestation. « Jusque-là, je n’avais pas pu me libérer », s’excuse-t-elle. Mais, en ce très ensoleillé samedi de novembre, elle a trouvé le temps pour « cette cause qui est sans doute une des plus importantes ». Pour elle, la forte mobilisation du jour n’a presque que peu d’impact. « Vous comprenez, c’est tout le peuple qui devrait être avec nous ». Des violences « aggravantes » comme elle les nomme, Nathalie n’en a pas connu. Quant aux sévices verbaux, « Ah, ça oui, forcément ! Comme tout le monde ici ». Cette femme confie ne pas comprendre la « généralisation » des violences conjugales. « Car si une femme meurt tous les trois jours, combien reçoivent des coups quotidiennement ? » Mais Nathalie s’émeut tout autant de la situation inverse, toujours très confidentielle. « Certains hommes sont aussi battus par leur compagne. On n’en parle jamais de cela. Mais le schéma est identique et donc tout aussi effroyable ».

Après cette première manifestation, il semble évident que Nathalie retournera battre le pavé : « Du moins tant que les choses n’auront pas évolué ».

Diane Sabouraud (L'Indépendant, le 25 novembre 2018)

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