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38e congrès du Parti communistes français. Rapport de Gilles Ravache (commission des candidatures)

Cher·e·s camarades,

Il me revient d'ouvrir la dernière étape de notre congrès, celle qui va nous conduire à élire la nouvelle direction nationale du Parti.

Nous avons animé, Isabelle de Almeida et moi-même, le travail de la commission des candidatures depuis le mois de juin. Sa grande connaissance du Parti, des femmes et des hommes qui le composent, son dévouement, sa capacité de travail, son intelligence des situations, son autorité ferme et souriante, nous ont été précieux. Vous le savez Isabelle a été Présidente de notre Conseil national ces cinq dernières années. Isabelle va rester à la direction nationale. Je vous invite à lui manifester nos remerciements pour l'immense travail qu'elle a déjà accompli.

Je vous remercie.

La commission des candidatures est constituée de représentantes et représentants de chacune des 96 fédérations auxquels s'ajoute une délégation du Conseil national dans un premier temps, remplacée par une délégation du bureau du congrès à partir de son ouverture. Depuis octobre, nous avons également constitué un bureau de la commission qui a permis de préparer ses travaux. Je tiens à remercier toutes et tous pour leur active participation. Si nos débats ont été quelques fois âpres, ils furent dans la plupart des cas emprunts de respect, d'attention humaine pour les camarades que nous avons évoqués. Je tiens à remercier ses membres, pour leur contribution et l'esprit de responsabilité qu'ils et elles ont manifesté. Je remercie particulièrement les membres du bureau Pierrick Annoot, Sandra Blaise, Annie David, Mina Idir, Pierre Lacaze, Alain Pagano qui ont pris une part déterminante pour préparer et animer nos travaux. Enfin, je veux saluer les camarades qui ont assuré les tâches techniques qui permis le bon avancement de notre ouvrage et parmi eux, Laurence Patrice.

Merci à toutes et tous.

Conscients de l'insatisfaction des camarades, nous avons voulu alimenter une profonde réflexion sur la conception, le rôle, le fonctionnement de nos directions, et particulièrement de la direction nationale. Mais je dois à la vérité de dire que la question du secrétaire national a occupé beaucoup du temps de la commission. Cela ne nous a pas permis de mener jusqu'au bout la réflexion sur ces sujets.

Néanmoins nous sommes parvenus à émettre plusieurs propositions ou préconisations. Vous avez entre les mains le compte-rendu de ce travail.

Nous sommes partis du constat que j'avais énoncé dès la réunion du Conseil national du 3 juin, permettez-moi de me citer, je proposais de : « prendre en considération l'insatisfaction des communistes à l'égard de l'activité de la direction nationale. Si cette insatisfaction s'exprime avec plus ou moins de véhémence, elle est en revanche largement répandue. D'une manière ou d'une autre, elle porte sur le manque de réactivité et d'anticipation, le caractère inaudible de notre expression nationale, l'impression de flou dans nos positionnements nationaux, les insuffisances dans l'animation et la continuité des campagnes que nous lançons. »

C'est pour changer cet état de fait que nous nous sommes attelés à réfléchir le rôle, la composition, le fonctionnement de nos directions et particulièrement de la direction nationale.

Nous avons besoin d'un parti tourné vers l'avenir, en prise avec les mouvements de la société, réactif et pugnace pour porter une action politique efficace face à des adversaires organisés et qui ont aujourd'hui entre leur mains les principaux leviers de pouvoir sur la société. Le capitalisme domine la société, ses logiques imprègnent l'ensemble des activités humaines. Nous avons besoin d'un parti qui articule les grands combats communs pour le dépassement du capitalisme et le combat pour émanciper chaque domaine de la vie des logiques de concurrence, de rentabilité financière, d'individualisme, d'inégalité entre les individus, d'exploitation du travail et de la nature. Nous avons besoin d'un parti qui donne sens, fédère, ce qui existe déjà d'actions, d'initiatives, de rassemblements divers qui expriment la recherche d'autres rapports sociaux. Nous avons donc besoin d'un parti qui permette aux femmes et hommes qui ont tant besoin de changements progressistes d'accéder aux pouvoirs. Pouvoirs dans les deux sens du terme, pouvoir au sens de l'acquisition de la capacité d'agir et pouvoir au sens de la conquête des leviers et des lieux de décision.

Si nous voulons être le parti de l'avenir, le parti de la maîtrise de son propre travail, le parti de l'écologie, le parti de l'émancipation de toutes les dominations, le parti de l'extension des services publics, le parti de l’utilisation de l'argent au service de l'humain, le parti d'un nouvel internationalisme pour la coopération et la paix. Si nous voulons devenir le parti de l'initiative communiste, le parti de l'accès pour tout·e·s ses adhérent·e·s à la capacité d'être acteurs·trices, animateurs·trices de l'action politique transformatrice. Alors nous avons besoin d'une direction nationale profondément renouvelée, apte à générer une cohérence de travail, d'efficacité et de visibilité, dans toutes les dimensions. Il s'agit de constituer un collectif d'animation dont la mission sera la mise en œuvre des orientations, des décisions que nous avons arrêtées hier.

En second lieu, nous menons notre action dans une situation mouvante, en évolution extrêmement rapide et permanente. Ce qui implique une capacité d'analyse, d'initiative, de réactivité pour tenir le cap de nos choix dans ces réalités instables. En même temps que nous avons besoin d'aider, de relayer mieux, d'additionner, de donner écho aux multiples initiatives que conduisent les communistes. Nous avons ainsi besoin d'une direction nationale qui anime un parti national, actif dans le combat politique national et présent dans tout le territoire et en tous domaines.

La commission souligne le caractère collégial qui doit caractériser nos directions, notre direction nationale.

Nous ne sommes plus un parti dont la charpente repose sur une ossature de cadres permanents. Dans le Conseil national sortant, plus de cent camarades ont une activité salariée, 31 seulement sont permanents du Parti, dont plusieurs pour assurer leur tâche de secrétaire départemental, et 15 se sont éloignés de leur activité professionnelle pour se consacrer leur mandat d'élu·e. Deux tiers des secrétaires fédéraux ont une activité professionnelle. À cela s'ajoute la complexité des défis devant nous, l'ampleur des champs que nous avons à couvrir font qu'aucun, aucune d'entre nous ne peut maîtriser l'ensemble. Pour percevoir, comprendre les mouvements de la société, pour mener les actions les mieux adaptées nous avons besoin de membres de la direction dont les apports et les expériences sont divers. Cela implique que chacune, chacun verse son point de vue à la réflexion et l'action commune, et se mette en disposition d'esprit d'entendre et de considérer le point de vue des autres.

Enfin, la commission insiste sur la nécessaire clarification des rôles respectifs des différentes instances de la direction nationale.

En premier lieu, le Conseil national doit être le lieu d'élaboration et de décision à l'échelon national. Cela implique à notre sens qu'il fonctionne différemment autour de quatre axes de progrès. Voilà les idées que nous apportons à ses futurs membres, qui en feront l'usage qu'ils estimeront souhaitable.

La première est de mieux associer et informer les communistes de ses décisions.

La seconde est de mener son travail sous des formes qui permettent à ses membres de prendre des décisions après les avoir instruites eux-mêmes. Autrement dit, fonctionner de sorte que le Conseil national ne se réduise pas à valider des décisions élaborées en dehors de lui.

La troisième est d'envisager des réunions thématiques qui, au-delà de l'actualité, permettraient d'approfondir la réflexion du Conseil national sur un combat que nous voulons mener, d'arrêter la position du Parti et engager des initiatives. Elles pourraient conduire à y inviter des camarades intéressés à ce sujet, par exemple les animatrices ou animatrices de commissions ou de réseaux thématiques, des élu·e·s.

Quant à l'exécutif national, il assure la continuité de la direction nationale entre les réunions du Conseil national.

Nous préconisons de veiller à ce qu'il soit principalement opérationnel pour la mise en œuvre des décisions et donc ne reproduise pas les débats du Conseil national. Ne sombrons pas dans la caricature, tous les membres du Conseil national ont vocation à prendre part à la mise en œuvre mais le Comité exécutif devrait bien réunir les responsables des domaines décisifs pour l'efficacité des initiatives décidées, des camarades assurant une relation étroite avec les fédérations, les différents réseaux thématiques, les élu·e·s.

La commission a également tenté de cerner les fonctions dévolues au secrétaire national. Nous en avons identifié cinq: travailler l'unité des communistes, animer le collectif de direction (collégialité), être le garant de la souveraineté des communistes et du respect de nos statuts, porter la voix du Parti nationalement, représenter le Parti nationalement et internationalement.

Ces réflexions de la commission, si nous en débattons ici, peuvent être une précieuse indication à la future direction de ce que les communistes attendent d'elle. Dont elle pourra s'inspirer pour son activité à venir. D'autant mieux si ce sujet est inscrit à l'ordre du jour de sa première réunion comme l'a suggéré le Conseil national jeudi dernier.

De ces réflexions la commission a conclu que le collectif de direction que doit être le Conseil national devrait réunir des camarades ayant un apport à sa réflexion du fait de la diversité de leur domaine d'activité militante :

  • des militant·e·s qui ont une connaissance du monde du travail, du mouvements social,
  • des militant·e·s élu·e·s qui par leur mandat participent à des actions, des décisions,
  • des secrétaires départementaux qui connaissent la réalité de la vie du Parti.

De plus, doivent siéger au Conseil national des secrétaires départementaux dont la connaissance de la réalité du Parti est indispensable à la prise d'initiatives dont les militantes et militants pourront s'emparer pour mener leur activité.

Bien évidemment, le Conseil national doit avoir en son sein des camarades ayant l'aptitude, la disponibilité pour prendre en charge les grandes taches indispensables à la direction nationale.

Nous proposons d'améliorer les liens entre la direction nationale et les fédérations, les secrétaires fédérales et fédéraux. Ces relations répondent à plusieurs besoins. Parvenir à ce que les décisions, les initiatives nationales, soient mieux adaptées à la réalité de notre organisation. Apporter une aide politique aux secrétaires départementaux et départementales dont les deux tiers ont une activité professionnelle et de ce fait ont un temps disponible pour exercer leur responsabilité très limité. La commission préconise de développer la mise en place de référents et de référentes régionales pour répondre à ce besoin. Elle suggère que cette étroite relation soit envisagée au Comité exécutif national même. La commission propose de revaloriser les réunions des secrétaires fédéraux. Compte tenu de la disponibilité de ceux-ci ces réunions pourraient s'organiser à l'échelon régional pour faciliter la participation. Ceci en plus des réunions nationales.

C'est à partir de ces réflexions que nous avons travaillé à composer le Conseil national.

À l'entrée du congrès, nous avions reçu 227 candidatures dont 105 femmes et 122 hommes.

Le nombre de candidatures montre la vitalité de notre organisation qui fait émerger des femmes et des hommes de toutes origines sociales capables d'assumer les plus hautes responsabilités. Notre parti est un grand promoteur de responsables politiques. 6 000 d'entre nous assument des responsabilités d'animatrices ou d'animateurs de cellule, de section, de fédération et nationale. L'ANECR réunit plus de 7 000 élu·e·s parmi lesquels beaucoup de communistes. Depuis 2006, en douze années, plus de 600 camarades auront siégé au Conseil national. De quoi composer au moins quatre directions nationales complètes.

Notez le nombre très important de candidatures féminines, quasiment égal à celui des hommes. C'est un signe très significatif d'un parti qui est très fortement imprégné de la volonté de faire leur place aux femmes à tous les échelons, jusqu'au Conseil national. Dans une société marquée par les inégalités entre femmes et hommes, où la domination patriarcale persiste, s'affirme ainsi le Parti communiste comme parti du féminisme. Mais restons mobilisé·e·s pour poursuivre ce combat dans la société et parmi nous. Ce 25 novembre, qui est la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, nous y encourage.

Nous avons examiné toutes ces candidatures dans l'objectif de vous proposer un collectif correspondant aux priorités que je viens de décrire. Conseil national que nous vous proposons d'élire est composé de 94 femmes et 94 hommes. 68 camarades y font leur entrée, tandis que 50 n'y siégeront plus.

Ainsi parmi les 227 candidatures que nous avons reçues et que nous avons examinées, près de 150 ne sont pas retenues. La commission souhaite avoir une expression fraternelle à leur adresse. Leurs capacités, leur mérite ne sont pas en cause. Leur nombre souligne la difficulté des choix que nous avons eu à faire. Nous ne doutons pas qu'ils et elles poursuivront leurs activités militantes, voire contribueront au travail du Conseil national s’ils ou elles le souhaitent.

Avant de préciser la proposition qui vous est faite, je tiens à saluer et remercier les 50 camarades qui quittent le Conseil national. Ils et elles ont beaucoup apporté à la direction nationale, leur expérience, leur réflexion, leur participation aux responsabilités nationales. Ils, elles, m'excuseront de ne pas les citer toutes. Je voudrais nommer Eric Bocquet, Hervé Bramy, Joël Carliez, Elsa Faucillon, Jean-Louis Frostin, Martine Gayraud, Frédérick Genevée, Alain Hayot, Yann Le Lann, Danièle Lebail, Didier Le Reste, Jean-Louis Le Moing, Anne Mesliand, Raphaëlle Primet, Nathalie Vermorel. Ils ont participé aux plus importantes responsabilités nationales, à l'exécutif national. Nos considérables avancées sur les enjeux environnementaux doivent beaucoup à Hervé Bramy qui nous a menés aux premières assises communistes de l'écologie et à élaborer notre projet d'écommunisme. Alain Hayot a efficacement œuvré au développement de nos liens avec le monde de la culture qui se sont traduits par l'importante rencontre nationale pour l'art, la culture et l’éducation populaire tenue fin septembre. Je sais que toutes et tous continueront d'apporter leur expérience, leurs connaissances, leurs réflexions à l'activité du Parti. Je salue également la mémoire de Dominique Adenot et Mylène Vesentini qui nous ont quittés.

Le Conseil que nous vous proposons d'élire réunit des camarades de 69 fédérations, dont 46 secrétaires fédéraux. Un peu plus que le précédent Conseil national où siégeaient 36 secrétaires fédéraux.

La commission a travaillé à constituer une direction nationale rassemblant toute la diversité du Parti. C'est la volonté largement exprimée par les communistes et c'est un gage d'efficacité de la direction nationale. Devant la complexité des défis que nous avons à relever, nous avons besoin des apports de toutes et tous, nous avons besoin de croiser, d'entremêler des approches qui peuvent être différentes.

Nous sommes parvenus à une proposition de liste rassemblant notre diversité.

La liste sera conduite par Fabien Roussel pour devenir notre secrétaire national. Fabien a une grande expérience du Parti, il est secrétaire de la fédération du Nord et est député depuis 2017.

Pierre Laurent ne sera donc plus secrétaire national. Il a porté cette lourde responsabilité durant huit années. Il a eu à affronter une période politique extrêmement difficile. Pierre a eu à subir le mépris, l'injure. Souvenez-vous des propos ignobles de Jean-Luc Mélenchon nous concernant : « Vous êtes la mort et le néant ». Jamais Pierre n'a cédé en s'abaissant à ces provocations, faisant ainsi honneur au Parti et aux communistes. Au contraire, vous avez pu apprécier sa capacité d'écoute, sa constante volonté de nourrir les débats, d'élever notre réflexion. Pierre nous pousse sans cesse vers le meilleur de nous mêmes. Encore aujourd'hui, Pierre montre son sens des responsabilité. C'est l'intérêt du Parti, la recherche de l'unité des communistes, qui comme toujours, oui toujours, a conduit Pierre à prendre cette décision de grande responsabilité.

Rien n'est jamais acquis à l'homme ni sa force, ni sa faiblesse, ni son cœur.

Chapeau bas, camarade !

Comme l'a acté la commission des candidatures, Pierre aura une importante responsabilité dans la direction nationale. Il est proposé au Conseil national de lui confier la tâche d'animer son travail en l'élisant à sa présidence. Nous pourrons ainsi continuer de bénéficier de ses grandes qualités.

Fabien Roussel va devenir notre secrétaire national. C'est évidemment une très grande responsabilité. Les communistes pourront s'appuyer sur son expérience à la fédération du Nord, et sur ses nombreuses qualités d'homme public qu'il a déjà révélées en quelques mois de mandat à l'Assemblée nationale. En trouvant avec Pierre la solution pour éviter un combat fratricide et nous rassembler tous il a déjà montré son sens des responsabilités. Je ne doute pas qu'il pourra compter sur tous les communistes pour redoubler d'ardeur militante à ses côtés.

Nous allons donc élire les membres du Conseil national. Ils et elles ont devant eux un énorme chantier.
Je l'ai déjà dit les attentes des communistes sont grandes. La grande majorité des communistes a mené une discussion nourrie par la volonté de s'entendre, d'aboutir à faire du commun comme nous avons coutume de le dire. C'est ce qu'exprime l'adoption, à une large majorité, du texte que nous avons collectivement construit.

C'est la feuille de route que nous nous sommes donnée pour les années à venir. Naturellement, c'est aussi celle de la direction que nous allons élire.

Toutefois, regardons les choses en face, la manière dont s'est déroulée la préparation de notre congrès n'a pas toujours nourri le débat fraternel, approfondi ce qu'il eût été souhaitable. La maison communiste connaît des fissures. La mission de la future direction va être de les colmater, d'agir pour rassembler toutes et tous les adhérent·e·s dans la vie du Parti et dans l'activité. C'est aussi l'objectif que le congrès peut fixer à la future direction.

Je vous invite à en débattre maintenant. Merci.

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