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Gilets jaunes. Des propositions au rabais

Une prime au bon vouloir des entreprises, l’avance de la CSG par les retraités qui en seront exonérés, une augmentation de la prime d’activité reportée à une réglementation ultérieure et un Smic qui n’augmente que de manière obligatoire et de 1,5% et non de 1,8% comme précédemment annoncé par le gouvernement : voilà le contenu du projet de loi pour calmer les gilets jaunes. « Des soldes avant l’heure », a ironisé Ian Brossat, porte-parole du PCF.

Autant dire que Macron mise désormais sur le débat national pour sortir de la nasse. Un débat qui devra déboucher « fin mars-mi avril », sur « des décisions très concrètes en fonction des consensus identifiés ». Sauf qu’à l’instar de l’interdiction de remettre l’ISF sur le tapis -« touchez pas au grisbi »-, les sujets que portent les gilets jaunes ne seront pas abordés.

Le monde du travail a pris la parole et compte bien la garder

Macron est d’autant plus sur des braises que le mouvement ne s’essouffle pas autant qu’il l’avait prévu. Pourtant le ministre Castaner a sifflé la fin de la récré -« maintenant, ça suffit ! »- mais sans succès. Les gilets jaunes restent mobilisés, ils disent leur volonté de continuer.

Le mouvement des gilets jaunes, conjugué aux mobilisations syndicales de décembre change la donne dans le pays. Le monde du travail, méprisé, ringardisé, réduit au silence par des décennies d’ultra-libéralisme triomphant a pris la parole.

Cette France qui travaille beaucoup mais gagne peu s’est imposée dans le débat public et, ce faisant, a repris confiance en elle-même.

Emmanuel Macron a été obligé de reconnaître que l’intense colère populaire n’est pas seulement liée à la hausse des carburants. Elle exprime, d’abord, le sentiment de ne jamais être entendu. Ses racines sont profondes, elles plongent à la source de la Ve République qui porte en elle la crise démocratique comme la nuée porte l’orage.

L’idée de référendum d’initiative citoyenne (RIC) prend de l’ampleur. Certains s’inquiètent des possibles dérives qu’il pourrait entraîner. Pourquoi ne pas l'encadrer par un principe simple : il ne pourrait porter que sur l'introduction de droits nouveaux. Les propositions à vocation majoritaire ne manqueraient pas.

Le monde du travail a pris la parole et compte bien la garder. Sur les ronds-points, dans les mairies, les cahiers de doléances fleurissent. Emmanuel Macron ferait bien d’y prêter l’oreille, là où d’autres monarques y ont perdu la tête.

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