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« Noël et les trois violences »

C'est Noël… Jésus de Nazareth serait né… Une belle histoire. Un ami anarchiste aveyronnais vient même de me souhaiter de « bonne fêtes » ! Réveille-toi. Durruti ! La célébration chrétienne, de plus en plus sécularisée donne lieu (pour ceux qui le peuvent), à une débauche de consommation, à s'en rendre malade.

Cette nuit, j'ai relu de vieux textes sur « la violence ». L'un d'eux devrait être médité par les « violents », grands et petits. Les plus dangereux des « casseurs » restent les auteurs de « génocides silencieux » de la misère, de souffrance sociale, de guerres pétrolière, de conquêtes, de domination : …les plus redoutables des prédateurs ne sont pas ceux dont les méfaits imbéciles (instrumentalisés ?) tournent en boucle sur BFM-TV. Je cite l'un de ces « vieux textes : il y a trois sortes de violences : la première mère de toutes les autres, est la violence institutionnelle celle qui écrase et humilie des millions d'hommes, la violence aux rouages silencieux et bien huilés. La seconde est la violence révolutionnaire qui, naît de la volonté d'abolir la première. La troisième est la violence répressive qui se fait l'auxiliaire et la complice de la première violence, celle qui engendre toutes les autres. Il n'y a pas pire hypocrisie que de n'appeler violence que la deuxième en feignant d'oublier la première qui l'a fait naître et la troisième qui l'a nie ». C'est signé du nom...d'un archevêque !!!

Ce matin, je repense à ce géant brésilien de la « théologie » dite « de la libération » (année 1960-1970), année de la Conférence épiscopale de Medellín en 1968.

Monseigneur Helder Camara (1909-1999), archevêque de Recife (dans le modeste brésilien, région pauvre s'il en est) de 1960 à 1983, incarne cette théologie nouvelle et révolutionnaire. Dom Helder était aimé, vénéré, suivi, admiré, par le peuple déshérités, des « sans terre », le peuple des « favelas », des terres arides, inhospitalières, le peuple des ouvriers agricoles esclaves des « fazeudeiros »Dom Helder, homme parmi les hommes, humble à la vie modeste : défenseur opiniâtre acharné des droits de l'homme. Grande figure fondatrice (avec le Péruvien Gustavo Gutterrez), de « la théologie de la libération » : l'Église des pauvres au service des pauvres, option majeure et à laquelle adhéraient, dans les années-là, l'Église brésilienne en tant que telle et de nombreux prêtes, évêques… du continent.

Ils se consacrèrent passionnément à cette « option pour les pauvres » pour leur « libération », pratiquement justement cette « spiritualité de la pauvreté, cette Église pauvre au service des pauvres », cette participation aux luttes populaires, aux fronts sociaux, au rejet de la dictature militaire (les copains, les modèles, de Bolonaro), de la torture… Elle fut, au Brésil, dès 1964, le premier régime militaire « gorila », issu de la doctrine étasunienne de la « sécurité nationale » (le peuple érigé en « ennemi intérieur ») afin de « refouler le communisme ».

On ne s'étonnera donc pas que Dom Helder ait laissé des saillies devenues historiques. Deux d'entre-elles méritent que l'on s'en souvienne : « si je fais l'aumône à un pauvre on me dit que je suis un saint, mais, si je lui explique pourquoi il est pauvre, on me traite de communiste ».

Et celle des trois violences, citées plus haut, qui mérite que l'on y médite longuement.

Le vilain archevêque « rouge » se heurta au très anticommuniste pape Jean-Paul II « qui nomma un béni oui-oui », fort conservateur, pour succéder à Dom Helder.

Jean-Paul II et son évêque aux ordres, José Cardoso Sobrinho, s'acharnèrent jusqu'à détruire tout ce qu'avait mis en place Dom Helder. L'Église progressiste brésilienne et latino-américaine fut reprise en main, cassée, affaiblie, réprimée par le Vatican. On se souvient de la scène à Managua, de Jean-Paul II, menaçant dès sa descente d'avion le prête poète et ministre sandiniste Ernesto Cardenal. Là où jadis l'Église se donnait à « los de abajo » pullulent aujourd'hui de sectes et de bonimenteurs.

Dom Helder avait aussi dit : « Lorsque l'on rêve tout seul, ce n'est qu'un rêve : mais lorsque l'on rêve à plusieurs, c'est déjà une réalité ». Et plus encore, « l'utopie partagée, c'est le ressort de l'histoire ».

Bon Noël ! En jaune, rouge, rouge et noir, ou grimé, déguisé, ou nature, comme vous voudrez ! (Évitez quand même les cravates Macron !).

Jean Ortiz
Toujours un poing levé et une main tendue. Jean Ortiz est un internationaliste assumé.

Chroniques Latines.
Les chroniques latines de Jean Ortiz portent un regard loin des clichés sur les luttes de libération du continent Sud-américain… Toujours un œil vif sur l'Espagne et les enjeux sous-jacents du quotidien.

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