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Tout le monde s'est laissé prendre au mensonge sur le Venezuela (Suite)

Le élément de propagande amoureusement placé sur un piédestal par nos bots des médiats grands public est simplement d'appeler Juan Guaîdo le « président intérimaire » sans mentionner qu'il n'a pas été élu à ce poste et que seulement 30 des 200 nations de la planète  le reconnaissent comme tel. Il s'est seulement autoproclamé président. La dernière fois que j'ai vérifié, ce n'est pas vraiment de cette façon que les gouvernements fonctionnaient. Mais admettons. Dans ce cas, je me déclare gouverneur de… disons de l'Idaho. Personne ne le remarquera, de toutes façons. Moi-même, je ne sais pas qui est le gouverneur de l'Idaho. Un hérisson en nœud papillon sûrement.

Il y a beaucoup d'autres choses que CNN, MSNBC, Fox News et tous les autres ne veulent pas que vous sachiez sur Juan Guaîdo. Par exemple, jusqu'à ce qu'il se proclame président, 81% des Vénézuéliens n'avaient jamais entendu parler de lui, selon un sondage mené par la firme vénézuélienne Hmterlaces. Et il n'a remporté son siège à l'Assemblée qu'avec 26% des voix. Pour gagner des élections dans n'importe quel pays, il faut en général que plus de 20% de la population ait entendu parler de vous. Me Beau est plus connu au Venezuela que Juan Guaîdo.

En plus de cela, Guaîdo est allé à l'Université George Washington. Comme l'a rapporté The Grayzone Project, « (en 2007, il a déménagé à Washington, D.C, pour s'inscrire au Gouvernance and Political Management Programme (Programme de gouvernance et de gestion politique) de l'université George Washington, sous la direction de l'économiste vénézuélien Luis Enrique Berrizbeitia, l'un des principaux économistes néolibéraux d'Amérique latine. Berrizbeitia est un ancien directeur exécutif du Fonds monétaire international ».

Guaîdo s'est rendu à l'université George Washington, a été formé sous la direction de Monsieur FMI, puis nous l'avons déclaré président du Venezuela. C'est comme étudier le karaté, s'entraîner sous la direction d'henry Kisinger, puis se faire proclamer roi du Japon par les États-Unis. Mais cela ne s'arrête pas là, selon Grayzone : « Juan Guaîdo est le produit d'un projet vieux d'une décennie supervisée par l'élite des experts en changement de régime de Washington. Tout en faisant passer pour un champion de la démocratie, il a passé des années à l'avant-garde d'une violente campagne de déstabilisation ».

En outre, Juan Guaîdo a déjà dit qu'il voulait vendre le pétrole vénézuélien à des compagnies étrangères et laisser revenir le FMI, ce qui asphyxierait le pays par la dette.

C'est donc un pion américain qui a été formé par le FMI pour s'emparer du Venezuela et brader ses ressources naturelles. Quel piège. Mais si c'est ce que le peuple vénézuélien veut vraiment, nous devons respecter sa volonté.

Les médias grand public nous disent bien que c'est ce que les gens veulent, n'est ce pas? Sauf que ce n'est pas le cas.

« Selon une étude menée au début janvier 2019, 86% des Vénézuéliens seraient en désaccord avec cette intervention militaire internationale », a rapporté Ben Norton de Grayzone le mois dernier. « Et 81% s'opposent aux sanctions américaines, qui ont gravement sapé l'économie du pays ».

Ainsi, d'après le sondage Hinterlaces, la plupart des Vénézuéliens ne connaissaient pas Guaîdo jusqu'à récemment. La plupart des Vénézuéliens continuent de soutenir Maduro même s'ils pensent que la corruption au sein du gouvernement a augmenté (que vous aimiez Maduro personnellement ou non n'a pas d'importance), et la plupart des Vénézuéliens ne veulent ni intervention militaire, ni sanctions américaines. Pourtant, CNN, NPR, Fox News, la BBC et tous les autres médias grand public vous feront croire que tout le monde meurt de faim, et prie à genoux pour que les bombes démocratiques américaines pleuvent sur leur pays comme des billets de banque dans un club de strip-tease.

Mais j'ai peu-être tort. Peut-être que ces gens ont vraiment besoin de notre aide, et que l'intervention des États-Unis aura des résultats formidables, exactement comme en Syrie, et au Yémen, et en Irak, et en Iran, et en Afghanistan, et au Chili, et au Honduras, et à Haïti, et en Somalie, et en Libye, et au Guatemala, et au Nicaragua, et en Colombie, et au Panama, et à Fragale Rock, et sur ces arbres où vivaient les EWOKS !

Maintenant que nous avons une compréhension générale de la situation, revenons à la question du pétrole.

Quand j'ai commencé à écrire ceci, je n'avais pas la preuve que le gouvernement américain voulait le pétrole du Venezuela; c'était juste une intuition. Un peu comme quand on met un ballon dans la même pièce qu'un porc-épic : on a l'intuition qu'un moment ou à un autre, il le fera éclater. Mais je n'avais pas lu de citation d'un haut fonctionnaire de l' Administration Trump disant : « Nous aimerions prendre leur pétrole ».

Le conseiller à la sécurité nationale, John Bolton dit (« la moustache tueuse »), s'est dépêche de de combler cette lacune. Sur Fox Wens, il a déclaré clairement : « Cela fera une grande différence pour les États-Unis sur le plan économique si les compagnies pétrolières américaines peuvent investir dans, et produire du pétrole du Venezuela ». En patois Washingtonien, ça veut dire « nous voulons leur pétrole ».

Depuis 20 ans, les USA essaient de détruire le Venezuela, et le gouvernement répète toujours la même rengaine : « Nous voulons aider les gens. Nous nous soucions de leur démocratie. Ils ont une inflation terrible, et c'est pourquoi nous devons les libérer en larguant nos bombes sur leur tête ». Ils ont ressorti ces foutaises sous Bush, Obama et maintenant Trump. Les officiels ne disent jamais simplement : « Oui, ils ont des tonnes de pétrole, et on les veut ».

Et aujourd'hui, enfin, voilà. Les oripeaux d'humanitarisme dont la volonté de domination néolibérale américaine s'entourait, ont disparu. (Ironiquement, la fausse moustache a été arrachée pour relever une moustache encore plus grande).

Et c'est incroyable de voir à quel point Bolton parle sur un ton monocorde et prosaïque. Un coup d'État soutenu par les États-Unis se solde souvent par de terribles violences et des dizaines de milliers d'innocents tués. C'est un vrai crève-cœur, quel que soit le camp que vous soutenez. Parfois, ça finit par la prise  de contrôle d'un junte militaire brutale. Pourtant, John Bolton en discute sur le ton de quelqu'un qui se demande s'il va prendre de la crème glacée au chocolat ou de la tarte aux pommes comme dessert. (« Hmmm, la mort possible de cent mille personnes ? Çà à l'air bien, je vais prendre ça »).

C'est d'autant plus horrifiant que ces politiques sont décidées par des malades non élus comme Elliot Abrams, Mike Pomélo et John Bolton. Trump a nominé Abrams envoyé spécial pour le Venezuela, bien qu'il ait un CV à faire pâlir d'envie Joseh Mengele. Et ce qui est encore plus stupéfiant, c'est de voir des libératis de gauche comme les Démocrates du Congrès faire la queue pour soutenir les arguments des chefs de guerre de droite (les belligerati) comme Bolton, Abrams, Pompeo, Trump, Hannity et presque chaque Républicain du Congrès. Les montagnes de propagande empilée sont étouffantes (l'air est plus rare à ces sommets).

Pire encore, le Wall Street Journal a publié que la poussée américaine visant à évincer Maduro n'est que la première étape d'un plan de l'oligarchie pour remodeler l'Amérique latine. Ils s'avère que la sociopathie est addictive. Notre empire américain ne connaît pas de limites à ses désirs de reconstructions de nations (après les avoirs détruites).

Le peuple Vénézuélien mérite l'auto détermination, peu importe ce que vous pensez du gouvernement actuel. La dernière chose qu'il faut à son pays est d'être transformé en parking néoconservateur / néolibéral d'où l'Amérique lui arrachera toutes ses ressources en appelant cela de la « liberté ».

Heureusement, de nombreux signes indiquant déjà que cette tentative de coup d'État américaine est en train de faire long feu.

Lee Camp est un satiriste politique, écrivain, acteur et activiste américain.

Il anime l'émission satirique hebdomadaire Redacted Tonight sur RTA-mérita. Il a écrit pour The Orion et le Huffington Post.

José Alséda

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