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Notre Dame de Paris, tout feu tout flamme

La qualité des dons interroge nombre de français. « Tous les yeux s’étaient levés vers le haut de l’église. Ce qu’ils voyaient était extraordinaire. Sur le sommet de la galerie la plus élevée, plus haut que la rosace centrale, il y avait une grande flamme qui montait entre les deux clochers avec des tourbillons d’étincelles, une grande flamme désordonnée et furieuse dont le vent emportait par moments un lambeau dans la fumée. » Frappante cette citation de Victor Hugo extraite de son chef-œuvre Notre-Dame de Paris, en proie à un incendie ce lundi 17 avril.

Aussi bête que cela paraisse, lorsque j'ai vu les flammes s'élever entre les deux tours emblématiques, alors que l'écran diffusant l'horrible scène aimantait mon regard, je me suis dit : pauvres Quasimodo, Esmeralda, Phoebus et salaud de Frollo. J'ai pensé aux gueux de la cour des miracles, au Paris populaire… à ma mère catho, à mon père athée. J'ai pensé à ma cathédrale d'Elne dont avec peine j'avais lancé la rénovation. J'ai pensé aux braves soldats du feu que l'on encensera sans pour autant songer à revaloriser leur statut, leur salaire, leur condition de travail.

Pourquoi pense-t-on ce que l'on pense à certains moments ?

Je me suis dit, il pourrait pleuvoir ! Il pleut toujours à Paris !

Et puis le feu s'est arrêté !

Les déclarations se sont succédées, belles, bien pensées parfois bien orchestrées. Il y en a eu de très touchantes, des opportunes et des imbéciles, à l'image de ceux qui les ont prononcées, comme celle du « big mal coiffé » suggérant d'envoyer les canadairs. Il y a eu des gestes magnifiques, des gens qui ont prié ensemble, des pauvres qui ont délié leur petite bourse pour donner 10 € et ceux qui ont voulu se faire voir, se faire pardonner des trucs, peut-être inavouables, par les anges du Portail du Jugement Dernier, en affichant 100 millions, 200 millions... Ils ont eu un coup de cœur, comme ils font un coup en bourse. Leurs noms sont connus certains parce qu'ils ont voulu partir voire même sont partis dans des pays où la fiscalité est plus douce aux riches milliardaires; d'autres parce que leur patronyme figure à la une des magazines qui classent les grandes fortunes; d'autres enfin parce que les luttes de leurs salariés s'étalent sur les journaux pauvres comme l'Humanité… L'heure n'est pas à la polémique, nous ne sommes pas Victor Hugo qui aurait étrillé avec grand talent ces fortunes bâties, pour la plus part, sur l'enfer des pauvres. Le moment n'est pas à la fine bouche mais tout de même! Nous aurions aimé que ces généreux donateurs paient chaque année leurs impôts à la juste tranche et que l'état utilise leur légitime contribution à reconstruire Notre-Dame, laissant ainsi aux plus humbles, ceux à qui cela coûte vraiment et qui le font de bon cœur, le plaisir de donner pour relever la belle cathédrale. Ces riches alors ! Il a fallu que même là, ils leur volent la vedette.

Nicolas Garcia
Secrétaire départemental du PCF 66

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