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L’édito du TC par Roger Rio. Le choc

« Les plus grands produits de l’architecture sont moins des oeuvres individuelles que des oeuvres sociales, l’enfantement des peuples en travail », a écrit Victor Hugo sur Notre-Dame. Le grand homme contraint à l’exil, avait déclaré sa flamme à ce qu’il considérait comme une des merveilles du monde. Par cette phrase, il rendait aussi hommage aux milliers d’hommes qui construisirent ce chef d’œuvre, au prix de grandes souffrances, y laissant parfois la vie. La « vieille dame » de 850 ans a été le témoin des plus grands évènements de l’histoire de notre pays.

Elle a traversé les siècles en ponctuant de son glas, le bruit et la fureur des hommes, leurs peines et leurs espoirs, leurs joies et leurs douleurs. Elle a vu la royauté imposer son pouvoir absolu, les guerres de religion ensanglanter le pays au nom du même dieu et le soulèvement du peuple en 1789 qui mit fin à 10 siècles de tyrannie. Elle a assisté à l’écrasement du peuple de Paris par Thiers, le « boucher », au terme de la semaine sanglante qui marqua la fin de la Commune. Jamais le peuple n’a touché à ce qui, au delà d’être un monument religieux, symbolise la ville de Paris, ni en 1789, ni durant la Commune, contrairement à ce que voudrait faire croire des pseudos historiens de cour.

Notre-Dame s’est aussi tue durant les quatre longues années où la ville de Paris et la France furent écrasées sous la botte des nazis et de leurs valets vichystes. Elle se remis à faire sonner ses cloches à toutes volées, le 24 août 1944, lorsque le communiste Rol-Tanguy, chef de l’insurrection parisienne donna l’ordre, par ce moyen, d’annoncer la libération de la capitale. Ce chef d’oeuvre pluri-centenaire aura donc traversé notre histoire sans dommage majeur jusqu’à cette catastrophe qui l’a gravement endommagée. Beaucoup invoqueront la fatalité mais, comme à l’époque du grand Hugo, pourquoi aura-t-il fallu attendre vingt ans pour se rendre compte que l’édifice demandait des travaux d’urgence importants et indispensables ? En cette matière comme dans bien d’autres, nos gouvernants auront fait preuve d’un singulier manque de réactivité.

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