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Le 26 mai, double carton rouge

Le président de la République a réaffirmé sa volonté d’appliquer, quoi qu’il en coûte, dans toutes ses dimensions, son programme de remodelage de la société française, intégré à l’Europe du capital. Cela ne pouvait que provoquer les réactions très négatives de l’opinion à sa conférence de presse. Contrairement à ce qu’ils attendaient, nos concitoyens ont vu que le cœur du propos présidentiel était ce fameux « travaillez plus » sans augmentation de leurs salaires, une hausse de leurs dépenses contraintes, avec un recul de l’âge réel de départ en retraite et du montant des pensions. Autrement-dit, dans le cadre des contradictions actuelles du capitalisme mondialisé, le chef de l’Etat, se met au service des milieux d’affaires et de l’argent-roi, en leur permettant d’exploiter davantage le travail salarié, celui des paysans et des petits entrepreneurs. Élargir la sphère privée de la société au détriment des services publics devient dès lors une orientation fondamentale. Pour élargir sa base électorale en faveur de ce projet, il a multiplié les clins d’œil insistants à la droite et à l’extrême droite derrière ce fumeux concept de « l’art d’être français » qu’il a raccroché à « l’enracinement », « les limites et les frontières » pour « la refondation de l’immigration » comme y pousse la Commission européenne.

Tout est fait pour exclure de l’espace public toute réflexion sur un autre partage des richesses et une nouvelle manière de les produire, enfermant la majorité des travailleurs, des privés d’emploi et des retraités qui n’en peuvent plus de la vie qui leur est imposée dans la cage de la politique unique décidée depuis le traité de Maastricht, celle-là même qui provoque tant de désespoir. Et c’est à la structure même de la République qu’il compte s’attaquer en premier pour laisser liberté totale au capital de réguler la société. Le statut de la Fonction publique est bel et bien au cœur d’une stratégie qui vise à créer des services publics croupions, sous tutelle préfectorale et adossés à un Trésor public amputé de cadeaux fiscaux.

Baisser de manière unilatérale les impôts sur le revenu revient à faire exploser la fiscalité indirecte sur la consommation ou l’énergie, dans la droite ligne des recommandations fixées par  la Commission et le Conseil européens et dont M. Macron paraphe tous les documents. Cela permet d’évacuer la nécessaire révolution pour la justice fiscale, la hausse des salaires et le projet d’une société sans chômage, ni précarité qui permettrait d’élargir considérablement les recettes fiscales et sociales. Plus fondamentalement, la recherche d’un consensus national autour de la « baisse d’impôts » -exigence de toujours du grand patronat, de la droite et de son extrême- cache mal la volonté de diminuer les dépenses publiques utiles aux citoyens pour la santé, l’école, ou la sécurité.

C’est bien l’esprit et les conquis du Conseil national de la résistance que détruit méthodiquement le macronisme, allant jusqu’à théoriser la nécessité des inégalités derrière cet imbécile concept des premiers de cordés dont il est sûr que le dernier n’a aucune chance de se hisser à sa hauteur.

L’enfumage autour de l’âge de départ en retraite en installant une combinaison d’un mécanisme de retraite par point et un système de décote conduit à l’obligation de travailler plus longtemps quand trop de jeunes restent au chômage ou sont contraints au travail précaire.

Le combat contre cette régression assumée doit commencer avec le vote à l’occasion  les élections européennes. L’Europe libérale est devenue un point d’appui décisif pour défaire les solidarités sociales et nationales. La liste conduite par Ian Brossat propose et agit pour une clause de non régression sociale, l’instauration de salaires minima en deçà desquels aucun salarié européen ne pourrait être payé, un mécanisme européen de protection sociale, l’utilisation des énormes sommes d’argent crée par la banque centrale européenne pour développer de nouveaux services publics. Autant de choix qui impulseraient progrès social et environnemental, à l’égalité homme / femme dans le travail. Autant de propositions pour que s’invente, dans la solidarité des travailleurs européens, une Union nouvelle, solidaire associant les peuples et les nations, visant à les libérer du joug des puissances d’argent que défendent ensemble M. Junker-Mme Merkel et M. Macron. Contrer le macronisme et l’Europe libérale c’est le double carton rouge le 26 mai : le bulletin Ian Brossat.

Patrick Le Hyaric (L’HD, le 2 mai 2019)

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