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Sauvons la banquise, pas les banquiers !

Les fatras médiatiques véhiculant fausses nouvelles et détournement des attentions conçues dans les sous- sols du ministère de l’Intérieur pour étouffer les ripostes sociales et les mobilisations écologiques visent à ensevelir les possibles transformations dont on devrait débattre dans la perspective des élections européennes.

Ainsi, après les multiples alertes et recommandations pour sauver le climat, voici que des experts mondiaux de la biodiversité représentant 132 pays décrètent l’alerte rouge sur l’état de la biodiversité mondiale. Les dégâts faits à l’environnement poussent les écosystèmes au-delà de leur capacité à entretenir le tissu de la vie : un demi-million à un million d’espèces sont menacées d’extinction dans les décennies à venir.

Nous parlons ici avec gravité du risque de la sixième extinction des espèces à grande vitesse. C’est donc de la survie de l’humanité dont il est question. Au nom du libre-échange capitaliste favorisé par les institutions européennes, on détruit le couvert forestier mondial à commencer par l’Amazonie pour alimenter en soja des fermes-usines qui elles-mêmes polluent ici, détruisent les sols, sans que les paysans ne puissent gagner leur vie. Au nom d’un modèle agro-industriel, on tue les abeilles qui pourtant sont les artisanes de la pollinisation dont dépendent les trois-quarts des cultures mondiales. La recherche de la compétivité, de la rentabilité est antinomique des biens communs que sont l’eau, les abeilles, les sols, l’air, les océans, les insectes, les oiseaux… Ce sont des services communs, des actions matérielles, sociales, culturelles de la nature elle-même, contribuant au mieux-être humain et à la qualité de la vie qu’un système assoiffé de profit menace à grande vitesse. Détruire la nature revient à menacer la vie humaine au nom des critères de concurrence dans la jungle du capitalisme mondialisé. Les traités européens l’organisent et la garantissent. Ils doivent donc être remplacés par un nouveau pacte européen social et environnemental pour construire l’Europe sociale et des communs naturels, y compris par de nouvelles appropriations publiques. C’est ce que défend la liste que conduit Ian Brossat pour le 26 mai. Prétendre défendre le climat et la biodiversité et approuver les traités de libre-échanges qui poussent à détruire sécurité sociale, sécurité environnementale, sécurité sanitaire, sécurité alimentaire, c’est mentir aux électeurs. Seule une nouvelle coopération entre les nations et les peuples permettra d’écarter les immenses périls qui menacent. Priorité doit être donnée à une nouvelle stratégie globale européenne  de protection du vivant, avec des dispositions incitatives dans la politique agricole commune ou la distribution des  fonds de cohésion européens. Un grand plan européen de rénovation des logement pour tendre vers la haute qualité environnementale, un plan européen des chemins de fer incluant le développement du fret ferroviaire des marchandises, l’aide au développement des transports en commun dans les villes, le soutien à l’agriculture paysanne, la défense de la pêche artisanale, les recherches et investissements pour des transitions environnementales, y compris le remplacement des moteurs thermique actuels, sont autant de choix concrets que pourrait rapidement soutenir la création d’un fond ou d’une banque européenne les finançant. Il suffirait pour cela de réorienter les colossales sommes d’argent que fabrique aujourd’hui la banque centrale européenne au seul service des fonds privés et de la spéculation. Afin de modifier enfin le rapport des forces en faveur des hommes et de la nature contre la loi de l’argent, une base juridique pour la justice climatique et environnementale viendrait octroyer la possibilité aux tribunaux de demander aux gouvernements, à l’Union européenne, aux entreprises de garantir que les objectifs climatiques et de préservation de la biodiversité soient tenus.

Face à de telles urgences, on ne peut s’abstenir. Est en cause, le système capitaliste et ses codifications dans les traités européens et de libre-échange qui permettent à une poignée de multinationales d’exploiter les hommes comme le cacao, le caoutchouc, le coton, les énergies fossiles, les métaux ou le bois extrait des réserves de biodiversité. Il n’y a rien de plus efficace le 26 mai que d’utiliser le bulletin de la liste Ian Brossat, cette liste représentant celles et ceux qui n’ont jamais donné de chèque en blanc à l’actuelle construction européenne antisociale, anti-environnementale, anti-démocratique et  propose une union des peuples et des nations solidaires pour les hommes et la nature. Elle est à l’unisson de la jeunesse européenne qui manifeste en proclamant « sauvons la banquise, pas les banquiers ».

Patrick Le Hyaric (L’HD, le 9 mai 2019)

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