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Lettre ouverte aux candidat-e-s aux européennes

Dans 12 jours vont se tenir les élections européennes.

Alors que depuis des décennies, les cheminot-e-s subissent au quotidien les conséquences concrètes des politiques libérales imposées par la commission européenne et avec l’accord des États membres, les élections européennes sont l’occasion d’imposer d’autres choix et de remettre les services publics au cœur du projet européen.

En 2001, le premier paquet ferroviaire (ensemble de directives et de règlements) acte l’ouverture à la concurrence du transport de marchandises, avec les conséquences désastreuses que l’on connaît aujourd’hui pour le fret ferroviaire, en France. Ouvert à la concurrence en 2006 sur décision de la commission européenne, et mis en œuvre par les gouvernements de droite le fret ferroviaire n’a cessé de se dégrader pour finir par être menacé de disparition.

Aujourd’hui, moins de 10% de la part modale des marchandises sont transportés par rail contre plus de 20% en 2005. Le nombre de cheminots travaillant au fret est passé à moins de 5.000, alors qu’ils étaient plus de 12.000, il y a 10 ans.

En 2006, la part modale de marchandises transportée par rail était d’environ 30%, elle est aujourd’hui à moins de 10%. Depuis son ouverture à la concurrence, 1,6 million de camions supplémentaires sont jetés, chaque année sur les routes. En 2007/2008, le Grenelle de l’environnement prévoyait de faire passer la part du fret non routier de 14 à 22 %. On en est loin !

Le niveau du fret ferroviaire, en 2017, était le même qu’en 1923, avec des parts de marché qui sont passées de 80 % à moins de 10 % et au cours des vingt dernières années, le fret ferroviaire est passé de 57 milliards à 34 milliards de tonnes-kilomètre. La concurrence, vendue comme le remède miracle par la commission européenne, peut aujourd’hui être analysée. C’est un échec total. La concurrence dans le transport de marchandises par le rail n’a pris des parts de marché qu’à la SNCF mais rien à la route, ce qu’ont attesté plusieurs rapports officiels.

Aujourd’hui, nous savons que les transports sont responsables de plus de 30% des émissions de gaz à effet de serre, dont près de 90% incombent au transport routier de marchandises et voyageurs, soit une hausse de plus de 39% depuis 1990 !

Si l’on se réfère aux études datant de 2016 du ministère de l’environnement, de l’énergie et de la mer, le volume des marchandises transporté par la route d’ici 2030 augmenterait de 45.2% et de 85.9% d’ici 2050 !

L’exemple du train de fret Perpignan-Rungis, qui chaque jour amène plus de 1400 tonnes de fruits et légumes, au cœur de l’Île-de-France, est un exemple éclairant des ravages des politiques européennes sur le fret ferroviaire public.

À partir du 1er juillet 2019, ce train ne devrait plus exister, et cette décision de la SNCF aura pour conséquence de mettre, chaque jour, 250 poids lourds supplémentaires sur les routes !

C’est un scandale absolu et un drame sanitaire, alors que déjà, chaque année, 68.000 personnes décèdent prématurément de la pollution en France, dont plus de 8.000 en Île-de-France.

Pour rappel, 1 poids lourd passe toutes les 6 secondes à la hauteur de Rungis.

Alors que la plate-forme multimodale de Perpignan-St Charles, qui a coûté près de 40 millions d'euros aux contribuables, demeure à ce jour sous exploitée, cette décision constitue un non-sens écologique, économique et social.

De l’autre côté́, le MIN de Rungis, qui a fait l’objet de plus de 20 millions d’euros d’investissements en 2008/2009, dont 12 par le Conseil Départemental du Val de Marne, pour moderniser la gare de Rungis (94), s’apprête à voir disparaitre définitivement le train.

La disparition du dernier train de fret aurait également des conséquences dramatiques d’un point de vue social, plus d'une centaine d’emplois serait amenée à disparaitre sur les deux chargeurs mais aussi, des dizaines d'emplois indirects dans les entreprises sous-traitantes et à la SNCF.

D’autres choix sont possibles. Ils exigent un combat permanent aussi bien au niveau national qu’Européen.

Si vous êtes élu-e-s député-e Européen, nous vous demandons de vous engager pour :
Demander l’abrogation de tous les paquets ferroviaires votés depuis 2001 qui organisent la libéralisation du secteur ferroviaire préparant les futures privatisations ;

  • Voter contre toutes les directives européennes qui cassent le service public ferroviaire, marchandises et voyageurs aux fins de privilégier les intérêts privés ;
  • Exiger du gouvernement français qu’il déclare le fret ferroviaire public d’intérêt national et qu’il mette en place une stratégie de développement, pour faciliter le report modal en doublant la part du transport par fret ferroviaire en France et ce pour respecter les engagements en matière de développement durable ;
  • Exiger des investissements pour moderniser les triages et les matériels roulants (wagons...) permettant de répondre aux nouveaux besoins qui se font jour dans les territoires en matière de transport de marchandises par rail ;
  • Mener la bataille afin d’exiger le maintien et le développement du train de fret Perpignan-Rungis ;
  • Exiger que toutes les nouvelles plateformes multimodales soient embranchées par rail pour pouvoir bénéficier de subventions européennes ;
  • Exiger les investissements nécessaires pour relier chaque port à un embranchement ferroviaire.

Paris, le 15 mai 2019, Le collectif national des cheminot-e-s PCF.

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