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Pourquoi faut-il enseigner Marx et Freud au Lycée ?

A la mi-avril plusieurs journaux dont l'Humanité et Libération, s'alarmaient et par ricochets nous mettaient en garde de la possible suppression des notions de « travail et d’inconscient » dans les futurs programmes de philo des classes de terminales. Telles en était en tout cas la proposition « provisoire » percuté, récemment aux professeurs de philosophie.

Dans une chronique de son édition « Débats et contreverses du 11 avril », l'Humanité posait la question : « Quel intérêt y a t-il a présenter Marx et Freud dans l'enseignement du Lycée ? »

Dans un rappel des faits, cette chronique nous indiquait que de nombreuses voix s'élevaient pour dénoncer l'amoindrissement de ces notions présentes jusqu'ici dans l'enseignement. Elle nous indiquait qu'elles craignaient de voir la disparition des références à Freud et à Marx. Libération pour sa part publiait le 16 avril dans sa page idée « l'oeil de Willem » une contribution qui osait la question Marx et Freud vont il être du programme des classes de philo ?

Si tel était le cas nous aurions là l'aboutissement des campagnes éditoriales et médiatiques lancées ces dernières années par les livres noirs, ceux du communisme et de la psychanalyse, geste qui avec la relecture de la révolution française parachéraient l'offensive idéologique réactionnaire lancé par les nouveaux philosophes au lendemain de la grande peur bourgeoise de 68, leur manière à eux de dire plus jamais ça.

La chose peut laisser perplexe et pourtant. Faire disparaitre Marx et Freud, c'est rompre avec les maîtres du soupçon, avec tout ce qui a généré depuis les lumières la pensée critique et ses conséquences révolutionnaire. C'est prétendre empêcher toute référence dans l'enseignement des théories qui permettent de penser un changement de société et nous en offre l'outillage. C'est vouloir nous faire renouer avec ceux qui cherchent à rendre invisible les fils de la marionnette qui nous dit ce que penser veut dire, nous soumettre à leur idéologie, avec ceux qui nous disent que l'idée et la conscience sont première et toute puissante. Ceux-la qui ne veulent pas d'une humanité ayant en main son destin et ses conséquences.

Marx et Freud font rupture avec le mode de pensée traditionnelle jusqu'alors en cours et provoquent une révolution de type copernicienne dans l'approche de la connaissance du monde et de ses phénomènes. Ils font rupture en cela que leur pratiques respectives, l'un étant celle de la lutte des classes, l'autre de la clinique, les conduisent a changer les paradigmes.

Marx démontrait que l'histoire des sociétés jusqu'à nos jours est celle de la lutte des classes et qu'elle a pour enjeux la maîtrise de la valeur elle même produit du travail, partant, que « ce n'est pas la conscience ». Freud  pour sa part postule que « le moi » n'est pas maître dans sa maison, introduisant par là la notion d'inconscient, une notion topique et dynamique qu'il dégageait de la pratique de la cure analytique était « toute emplie de pensée efficientes bien qu'inconscientes et que c'était d'elle qu'émanaient les symptômes ».

Ce gouvernement est entré en guerre contre l'intelligence et ce qui peut nous en rendre compte, c'est qu'il lui faut des êtres soumis aux Patrons, et aux exigences du capital, qui s'évaluent et se responsabilisent selon ces derniers. « Exile de l’intime », ils le sont aussi de leur histoire propre en ce qu'ils perdent sa dimension matérielle et historique tout comme sa dimension collective. Marchandise parmi les autres, ils ne doivent plus avoir conscience que leur force de travail est une marchandise qu'ils vendent au capital pour vivre en échange d'un salaire et que leur vie commence ou cesse leur activité de producteur.

José Alséda

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