Fédération des Pyrénées-Orientales

Fédération des Pyrénées-Orientales
Accueil
 
 
 
 

Il faut sauver le train primeurs Rungis-Perpignan

Le gouvernement a beau verdir son discours, il montre peu d'entrain à préserver le fret ferroviaire entre Perpignan et Rungis, en mettant sur les routes 25.000 camions.

Communistes, écologistes, insoumis, socialistes, syndicalistes, citoyens… font bloc autour du collectif « Sauvons le Perpignan-Rungis » pour empêcher l'arrêt du fret ferroviaire au profit du transport routier.

Le problème est principalement lié au vieillissement du train de marchandises. Pour pouvoir bénéficier de nouveaux wagons, la SNCF exige que les deux principaux transporteurs de primeurs, les sociétés Roca et Rey, les financent à hauteur de 25 millions d'euros.

À l'expiration de leur contrat avec la SNCF en juin, Roca et Rey ont décidé que 25.000 camions remplaceraient le « train des primeurs ». Pourtant, la ligne, qui permet d'acheminer 140.000 tonnes de marchandises par an, a été rénovée à hauteur de 20 millions d'euros il y a moins d’une décennie, justement dans le but d'encourager le fret ferroviaire.

Mensonge d’État

Le sénateur PCF Pascal Savoldelli a exposé la situation à François de Rugy en séance parlementaire le 6 juin : « Fret SNCF est prêt à investir 25 millions d’euros pour renouveler la flotte de wagons. Cet investissement devrait durer sur 20 ans, pour qu'il soit rentable, il est nécessaire que la SNCF détienne le monopole sur la ligne. »

« Nous ne voulons plus être dépendants d’un seul opérateur, contrairement à vous c’est une différence que nous assumons pleinement. », a répondu le ministre de la Transition écologique. « En l’occurrence, pour ce qui est de Rungis, la SNCF s’est engagée à poursuivre le service jusqu’à la fin de l’année aux mêmes conditions et de faire des propositions concrètes pour poursuivre le service les années suivantes », a-t-il ajouté.

C'est faux. Il y aura bien interruption de la desserte ferroviaire par train et seulement par train puisque la proposition de l’entreprise « froid-combi » consiste à transporter de manière dégradée pour les clients (Saint-Charles et MIN Rungis) les marchandises à des horaires inadaptés. En arrivant à Valenton, les marchandises devront être transportées en camion vers Rungis (15 km), les fruits et légumes arriveront trop tard à leur destination finale.

Aucun plan de sauvetage n'a été orchestré puisque dans l'ombre, les transporteurs semblent avoir d'ores et déjà préparé leur report sur le routier. Jean-Claude Zaparty, secrétaire général UD CGT 66 indique que les transporteurs Roca et Rey sont déjà en train de déménager hors de l'enceinte ferroviaire de Perpignan. « L'une d'elles, l'entreprise Rey, par la voix de son responsable, a affirmé qu'elle cessera d'affréter des trains le 15 juillet », a-t-il annoncé.

Des faits corroborés par Thomas Portes, secrétaire général des cheminots CGT : « Il y a aujourd’hui une société qui a démarché au Portugal pour avoir 1.000 chauffeurs routiers ». Donc, si la SNCF poursuivra bien le service au-delà du 15 juillet, comme l'a affirmé Elisabeth Borne, la ministre du Transport, rien ne garantit que les wagons ne partiront pas à vide.

Les défenseurs du Perpignan-Rungis font de la résistance

Pour sortir de cette crise, le marché d'intérêt national de Rungis a proposé 300.000 euros aux transporteurs Roca et Rey. Objectif ? Louer temporairement de nouveaux wagons de la SNCF durant un à deux ans. Mais de toutes parts, des voix s'élèvent pour exiger des gestes forts de la part du gouvernement. « Je demande à la ministre des Transports de donner l'ordre à la SNCF d'avoir un accord commercial avec ces chargeurs », a plaidé Carole Delga, présidente de la Région Occitanie. Ralliant le collectif « Sauvons le Perpignan Rungis », de nombreuses voix crient leur colère.

Les communistes appellent à rejoindre et amplifier le mouvement. Nous devons exiger de conserver ce train primeur et éviter la pollution de 25.000 camions sur les routes pour l'avenir de la planète. Que le choix des P.-O. soit celui d’un territoire vivant, à tous les sens du terme.

Il reste donc à construire un rapport de force suffisant pour éviter une nouvelle catastrophe sociale, économique et écologique. Les communistes joueront pleinement leur rôle.

Il y a actuellement 0 réactions

Vous devez vous identifier ou créer un compte pour écrire des commentaires.

 
44 Avenue de Prades 66000 Perpignan Tél: 04.68.35.63.64