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Crise du climat. Combattre les inégalités

Les rapports du GIEC (Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat) alertent depuis des années sur les conséquences de l’activité humaine sur le climat. Le dernier rapport vient d'être rendu public.

Ce deuxième rapport d’une série de trois(*) note que l'activité humaine affecte plus de 70% des terres. La manière dont la nourriture est produite contribue à la destruction de nos écosystèmes et diminue la biodiversité. Un quart des terres émergées sont dégradées : érosion des sols, désertification, déforestation et perte de biodiversité. En 2019, on estime que 500 millions de personnes vivent dans des zones touchées par la désertification.

Tous les hommes ne sont pas logés à la même enseigne et à mettre dans le même panier. La crise climatique est le résultat de la prédation des multinationales, elle va enfanter de nouvelles tensions et de nouveaux drames, tels les déplacements de populations. Le capitalisme est donc le principal responsable de cette étouffement de la planète. Il fabrique des riches et des pauvres, des possédants et des possédés. Les inégalités sont béantes.

Que faire à son échelle ?

Que faire au niveau de sa ville, de son village ou de son quartier ? Allier le local au global est une vision portée par les mouvements pour un autre monde (mouvements alter-mondialistes).

À la prédation du capitalisme financier doit répondre une chaîne de solidarité et de coopérations. Les citoyens, les paysans et toutes les forces vives de la société sont cette multitude qui peut relever, ensemble ce défi. Pour ne plus se laisser déposséder de leur avenir, les citoyens doivent tout d’abord peser pour exiger des droits fondamentaux notamment l’accès à l’eau et à la nourriture.

Repenser l’usage de nos terres

Le GIEC recommande de repenser les usages des terres. Il invite à favoriser agro-foresterie et reboisement en général pour capturer le CO2, l’agro-écologie ou encore les champs dédiés aux bioénergies.

« Les sols se détériorent plus vite qu’ils ne se reforment. » Ces pratiques qui combinent cultures et arbres sur la même parcelle « aident à inverser cette tendance », explique Jean Jouzel, climatologue, membre du conseil économique, social et environnemental. « Ces autres agricultures rendent moins faciles la mécanisation mais leur développement est intéressant pour les sols et pour que les biomasses repoussent. » Et d’ajouter : « Cela permettrait de lutter contre le réchauffement qui s’accroît. Dans certaines régions du monde, les sols sont de moins en moins fertiles. »

Concernant les champs de biomasses, il interpelle sur l’équilibre à trouver : « Il faut limiter les surfaces afin de ne pas empiéter sur la production alimentaire. »

En lien avec l’agriculture, c’est notre système alimentaire qui est pointé. Dans son ensemble, il génère jusqu’à un tiers des émissions de gaz à effet de serre. Là encore, la situation est amenée à fortement se détériorer.

Deux milliards d’adultes en surpoids ou obèses

« Les risques d’instabilités en termes d’approvisionnement alimentaire pourraient être élevés avec un réchauffement global de 1,5 degré et très élevés à 2 degrés », évalue Valérie Masson-Delmotte. Aussi, deux milliards d’adultes sont aujourd’hui en surpoids ou obèses et 25 à 30% de la production totale de nourriture est gaspillée. Dans le même temps, 820 millions d’êtres humains ne mangent pas à leur faim selon un rapport de l’ONU. « Le gaspillage alimentaire représente 10% des émissions à effet de serre », poursuit Jean Jouzel. Les mastodontes de l'agro-alimentaire poussant à la consommation et à la mal nutrition sont directement mis en cause.

Ainsi, il semble primordial de repenser nos consommations. Si des régions du monde manquent d’apport en protéines animales, les pays riches en disposent en abondance. Le rapport préconise donc un régime moins riche en viande pour ces derniers. « Nous pouvons repenser nos habitudes alimentaires. Par exemple, nous pourrions nous appuyer davantage sur les légumineuses », commente Jean Jouzel.

Pour cela, il faudrait que les peuples prennent la main sur le capitalisme financier qui anéantit les richesses de notre planète non pas pour nourrir les humains mais pour grossir se gaver.

(*) En octobre dernier, le premier s’est focalisé sur la possibilité de contenir le réchauffement à 1,5 degré. En septembre, le prochain se penchera sur la question des océans et la cryosphère (banquise, glaciers et calottes glaciaires). En attendant, le réchauffement des terres émergées a déjà atteint 1,53 degré.

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