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Il y a 80 ans, le Travailleur Catalan était interdit par Daladier, le « héros » de Munich

Le 27 août 1939, le préfet des Pyrénées-Orientales envoya au ministre de l’Intérieur le télégramme suivant : « Application votre télégramme n°067 1944 j’ai l’honneur de vous proposer la suspension journal communiste Le Travailleur Catalan édité dans mon département. »

Cette interdiction fut condamnée par nombre de démocrates de notre département. Ainsi, à l’unanimité, le bureau de l’UD CGT s’éleva contre cette mesure car, pour lui, la liberté de la presse était un des fondements de la démocratie.

Le motif de cette interdiction était la signature le 23 août par le III° Reich et l’URSS d’un pacte de non-agression. Voyant là l’occasion d’affaiblir considérablement les communistes, les adversaires les plus résolus tant de sa politique étrangère (l’abandon de la Tchécoslovaquie à Munich) que de sa politique intérieure (les décrets lois antisociaux de novembre 1938), Daladier décida d’empêcher le Parti Communiste de s’exprimer. D’où, le 25 août, l’interdiction de ses deux quotidiens nationaux, l’Humanité et Le Soir et la saisie, le 26 au matin, de l’Humanité qui titrait sur cinq colonne à la une : « Union de la nation française contre l’agresseur hitlérien ».

Ce même jour, tous les préfets répercutèrent auprès des services de police les ordres de Paris : « Il y a lieu d’interdire toutes les réunions publiques organisées par le Parti communiste. [. .] vous voudrez bien procéder à la saisie de tout journal reflétant la même attitude que le Parti communiste ainsi qu’à la saisie de tout écrit périodique ou non de nature à nuire à la Défense Nationale ».

Et Daladier de ressortir pour museler ses opposants l’argument ultime utilisé par les gouvernements bourgeois : l’atteinte à la Défense Nationale, au moral de l’Armée et de la population en tant de guerre. Argument qui sera à nouveau utilisé sous la IV° République contre tous les opposants aux guerres coloniales. Délit passible des tribunaux militaires très dociles aux ordres gouvernementaux.

Mais, avant que l’interdiction du Travailleur Catalan ne soit officialisée, parurent un numéro spécial commentant le pacte de non-agression germano-soviétique et le numéro habituel du 27 août titrant : « VIVE LA PAIX ! L’axe de guerre est rompu ». Avec ce numéro, partiellement saisi par les policiers, le Travailleur Catalan se tût momentanément. Quelques numéros ronéotés parurent clandestinement entre 1940 et 1944, avant qu’il ne reparaisse au grand jour au lendemain de la Libération.

Georges Sentis

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