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Trois féminicides dans les P.-O. en 2019. Près de 300 personnes dans la rue en mémoire de ces femmes

Le Collectif Droits Des Femmes 66, ainsi que les proches de Christelle de Gaillande, tuée dans la nuit du 5 au 6 juillet dernier à Perpignan, ont lancé un appel à une marche silencieuse. 300 personnes ont répondu présent ce samedi en fin d'après-midi.

Repérables à leurs tee-shirts à l'effigie de la jolie jeune femme fauchée à 32 ans, une dizaine d'amis de Christelle de Gaillande étaient en tête de cortège à Perpignan ce samedi en fin d'après-midi. Au départ de la place de Catalogne peu après 17 heures, ils étaient 150 à marcher en silence vers la place Arago. Au moment d'en repartir, après les prises de parole, on comptait quasiment le double de participants ayant répondu aux appels croisés des proches de la jeune mère de famille, et des associations militantes.

Derrière la banderole, au rang des amis, Kévin Ribeiro, 27 ans, est venu « pour elle » avant tout, pour « honorer sa mémoire, parce qu'elle ne méritait pas ça ». À ses côtés, Sandra et Sébastien Née hochent la tête en silence. Malgré le mot d'ordre de ce rassemblement, le couple de quadragénaires veut faire passer un message : « Que toute cette violence s'arrête ! Tous ces hommes qui tuent leur femme, c'est inadmissible. » Anciens voisins du compagnon de Christelle soupçonné de l'avoir tuée à coups de couteau, en présence de plusieurs de ses enfants, ils racontent qu'ils lui ont présenté cet homme. « Avant qu'il la fréquente, on avait eu des problèmes avec lui, quand il buvait, il cherchait la bagarre », raconte Sébastien. « Depuis qu'elle était avec lui, ça faisait environ 2 ans et demi, on ne la voyait plus. Et quand je la croisais en course et que je lui en parlais », confie Sandra, « elle le disait gentil et affectueux, jamais violent. »

Prescillia aussi, à Estagel, mérite qu'on se souvienne d'elle

Et pourtant, Christelle a bien trouvé la mort, cette funeste nuit de début juillet à son domicile de la route de Prades. Et comme elle, deux autres habitantes des Pyrénées-Orientales sont venues gonfler cette année les effroyables statistiques des féminicides. Le mercredi 28 mars, à Port-Vendres, une femme de 51 ans a été agressée chez elle à coups de poing. Avec une telle violence, qu'elle est décédée des suites de ses blessures au cours du week-end qui a suivi. Son compagnon a été écroué. Enfin, le lundi 12 août, à Port-Vendres toujours, Jackie, une résidente britannique de 71 ans a été tuée à coups de couteau, trouvant la mort devant chez elle, dans la rue. Là encore, son compagnon a été interpellé. Trois femmes déjà en 2019, 14 en tout dans la région Occitanie…

Michelle de Gaillande, la maman de Christelle, elle, veut ajouter la jeune Prescillia, poignardée à mort à 18 ans, le soir du bal des pompiers à Estagel, « quelques jours après le meurtre de ma fille. Cette gamine aussi mérite qu'on honore sa mémoire. Ce sont des familles brisées, mes enfants sont détruits. »

Des mortes on n'en veut plus !

À quelques jours des réunions de concertation avec les services de l'État lancées dans le cadre du Grenelle des violences conjugales, les rangs de la manifestation regorgent de revendications. « La lutte ne peut pas porter sur la seule bonne volonté d'une personne dans un commissariat, assène au micro Monique Hernandez du Collectif Droits des Femmes 66. Nous avons appris qu'il y a 800 téléphones d'urgence qui dorment dans les postes de police et qu'on ne sait pas à qui les donner. Des mortes on n'en veut plus ! »

«  Il faut faire de la prévention de la violence dès l'école, propose pour sa part Michelle de Gaillande. Comme on le fait pour les préservatifs et le sida, il faut parler de toutes les violences dès le plus jeune âge. Le gouvernement doit changer les choses, et voter des lois plus sévères pour ces hommes qui ont eu le droit de vie ou de mort sur un être humain. »

Sophie Babey (L’Indépendant, le 8 septembre 2019)

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