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Marseille. Des Occitans privés de TER durant 650 jours manifestent leur colère

Une centaine d’usagers et de cheminots venus des Pyrénées-Orientales ont manifesté devant le palais de justice de Marseille. Ils demandent la réouverture de la ligne Perpignan-Villefranche-de-Conflent, fermée depuis un dramatique accident, il y a deux ans.

Le 14 décembre 2017, près de la gare de Millas, un train et un autocar scolaire sont entrés en collision, provoquant les morts de 6 enfants et blessant 17 personnes. La ligne Perpignan-Villefranche-de-Conflent a été fermée pour les besoins de l’enquête. Elle l’est toujours, 14 mois plus tard. Une situation inédite qui prive tout un bassin de population de transport ferroviaire. Et dans la vallée de la Têt, les routes sont particulièrement accidentogènes.

C’est à Marseille, où se tient le pôle accident, que l’affaire a été dépaysée. C’est donc devant le palais de justice qu’une centaine d’usagers, soutenus par des élus locaux et la CGT cheminots de Paca, ont fait le trajet pour venir chercher des explications. Près de Reims, un accident a eu lieu le 15 juillet et la voie a été rouverte le 19 juillet. En général, le temps nécessaire à l’enquête nécessite tout au plus quelques semaines de fermeture. Mais sur cette ligne d’Occitanie, le juge continue à maintenir les scellés. « À partir du moment où les vérifications techniques ont été effectuées, qu’est-ce qui empêche la levée des scellés et la restitution de la ligne à la SNCF ? », interroge Enric Balaguer, président de l’association Train en Têt qui est à l’initiative du mouvement.

Levée des scellés

Les 8 trains par jour qui embarquaient chacun près de 80 personnes, mettaient 48 minutes pour un trajet complet. Et le tarif, avec l’intervention du conseil régional, était tombé à 1 euro. Il faut désormais 1h30 en car. « Cette ligne est essentielle au développement de la ville, à ses habitants et au tourisme », défend Huguette Teulière, maire de Villefranche-de-Conflent, classée à l’Unesco depuis 2008, qui défilait à Marseille avec ses homologues de Prades et Conat, Bernard Lambert et Pascal Espeut.

« On pense aux familles de victimes, bien entendu, mais une fermeture c’est irrationnel car la République doit proposer une offre pour tous sur ce territoire », considère Patrick Cases, conseiller régional communiste. La Région venait d’investir 200.000 euros pour la rénovation des voies. « La fermeture, c’est également 8 cheminots transférés, regrette Julien, cheminot, et un report modal qui fonctionnait. À un euro, on est passé de 50.000 à 140.000 passagers. » La voiture a repris du service.

Une délégation a été reçue par Isabelle Gorce, la présidente du tribunal de grande instance et par le procureur Xavier Tarabeux. Ils ont assuré que la fin des expertises interviendrait d’ici quelques jours et que dans les semaines qui suivent, les scellés seraient levés. « À condition que les expertises ne soient pas contrées, a précisé le procureur », rapporte Enric Balaguer. Le comité, qui n’a pas obtenu « d’explications convaincantes » quant à la longueur de l’instruction, reste donc mobilisé.

Myriam Guillaume (La Marseillaise, le vendredi 27 septembre 2019)

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