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La gratuité des transports urbains

La proposition de gratuité des transports urbains du PCF fait réagir la droite. Par la voix de Daniel Mach en charge des transports à la Communauté Urbaine. Il qualifie cette proposition de démagogique faite par des incompétents.

Certes comme cet élu de la communauté urbaine l’affirme les transports urbains sont de la compétence de la CU et de ses membres issue des 36 communes qui décident. Pour autant cela n’empêche en rien d’avoir une réflexion sur la gratuité.

Pour Daniel Mach la gratuité engendrerait des impôts supplémentaires. Cet argument est bien léger face aux défit qui nous sont posés en matière écologiques, environnementaux, sociaux et économiques. Il est aussi sans fondement et s’avère faux !

La gratuité des transports ou l’accès libre aux transports urbains est au contraire une mesure fondamentale qui agira sur l’ensemble de nos comportements en société. Beaucoup d’études ont prouvé au regard des villes et agglomérations qui l’ont adopté que le report modal de la voiture vers les transports en commun gratuits est bénéfique que ce soit en termes financiers, écologiques, sociaux, environnementaux.

Cette question n’est donc pas à prendre à la légère, d’autant que derrière les petites déclarations du vice président au transport de la CU de Perpignan se cachent de véritables enjeux financiers, ceux des multinationales du transport urbain. Daniel Mach fait d’ailleurs remarquer que les contrats de concession de délégation de service publics  ont été tellement bien négociés, sans doute par lui-même,  que la gratuité engendrerait « des mécanismes fiscaux coûteux ». Une connivence ? En tout cas une manière de se prémunir pour lui de ce qu’il considère comme dogme : La remunicipalisation de compétence aujourdhui passé dans le privé. Un chantage aux éléments de langage couramment utilisé contre la renationalisation des autoroutes, la remunicipalisation de l’eau, etc…

D’autre part et pour équilibrer le propos, des études sur la gratuité comme celle de Sciences PO Paris ou bien encore du Systral syndicat mixte du Grand Lyon révèle des avis défavorables à la gratuité des transports indiquant le faible gain que cela produirait  pour ces deux métropoles du point de vue report modal. Ces études rendent compte du déséquilibre financier et de la saturation du réseau que cela engendrerait, un réseau déjà bien saturé pour les lignes parisiennes du RER. Ce constat est bien réel mais c’est sans aller chercher les conséquences d’un aménagement territorial de ces 50 dernières années, favorable à la concentration des moyens de production, des services publics, des centres commerciaux, etc… Un aménagement qui a induit une massification des populations autour des villes capitales, délaissant et désertifiant les communes et cantons à proximité. Quant au déséquilibre financier ces rapports se basent sur des entités et non sur un plan global de financement qui permettrait des reports de moyen.

La gratuité des transports collectifs répond à la question sociale certes, mais elle se pose dans le sens d’un moyen supplémentaire pour favoriser le report modal dans une visée plus générale. Globalement la gratuité nous interroge, car nous constatons ses limites, sur une vision plus harmonieuse de l’aménagement de nos territoires et pour répondre en partie aux questions écologiques qui se posent (réchauffement climatique). Il n’y a pas de moyen unique dans l’incitation à utiliser le plus possible des transports collectifs et ou propres mais bien un ensemble de moyen à mettre en œuvre pour y parvenir. Cela ne se traduira pas sans volonté politique et sans se débarrasser de ce que l’on nous oppose pour y renoncer tel le cout financier, les contrats de concession coûteux, les dogmes de la libre concurrence, une gestion municipale impossible…

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