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L’édito du TC par Jacques Pumaréda. La bague au doigt

LVMH rachète les diamants de Tiffany pour 14,7 milliards d’euros. Le géant du luxe français renforce sa présence aux Etats-Unis et sa position dans les bijoux haut de gamme. LVMH signe ici la plus grosse acquisition depuis sa création en 1987 et la plus importante opération de rachat dans le secteur. Bernard Arnault est déjà un poids lourd du marché de la joaillerie. Il a réalisé 4,1 milliards d’euros de ventes en 2018, grâce à ses bagues Chaumet, ses parures Fred et, surtout, grâce aux collections de Bulgari, marque italienne rachetée en 2011. Le patron de LVMH, ami de Macron et de Trump pèse 204 milliards d’euros sur la place boursière.

Non loin de là, en notre belle France, les Restos du cœur ouvrent leur portes pour la 35 ème campagne d’hiver. On attend plus de 900.000 personnes dont 30.000 bébés de moins de 12 mois. Oui, vous avez bien lu, 30.000 bébés vont maintenant aux Restos du cœur. Mais où est donc passée la patrie des Droits de l’Homme ? A l’évocation de cette sinistre réalité, me reviennent en mémoire ces phrases terribles de Saint-Exupéry écrites en 1939. Au cours d’un voyage en train vers l’Est, Saint-Exupéry est émerveillé par le visage d’un enfant qui semble riche de toutes les promesses. Mais il comprend vite que la misère ambiante aura raison de ces virtualités. Et c’est en pensant à tous ces enfants broyés par le destin qu’il écrit : « Mais il n’est point de jardinier pour les hommes. Mozart enfant sera marqué comme les autres par la machine à emboutir. Mozart fera ses plus hautes joies de musique pourrie dans la puanteur des cafés-concerts. Mozart est condamné. Ce qui me tourmente, les soupes populaires ne le guérissent point. Ce qui me tourmente, ce ne sont ni ces creux, ni ces bosses, ni cette laideur. C’est un peu, dans chacun de ces hommes, Mozart assassiné. »

Terrible constat, encore plus vrai aujourd’hui, quand s’exacerbent à ce point les inégalités. La fable du ruissellement est un conte pour endormir les crédules. Nous ne sommes pas dans le même camp que monsieur Bernard Arnault et c’est la raison pour laquelle le 5 décembre avec des centaines de milliers de salariés nous crierons haut et fort dans les rues, de Paris à Perpignan, notre exigence d’une juste redistribution des richesses. Tous les bijoux du monde ne vaudront jamais, ni l’espérance d’un nouveau-né, ni la dignité de ses aînés.

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