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Le 5 décembre. Vers la coalition des colères

Mobilisation. Coup d’envoie d’une possible mobilisation massive du monde du travail contre une énième régression sociale.

La journée interprofessionnelle du 5 décembre s’annonce puissante. Des salariés du privé, des Gilets jaunes, des élus de gauche et des partis de gauche se joindront aux cortèges pour faire obstacle à une retraite par points qui va tirer les pensions vers le bas et ouvrir la voie à un système injuste par capitalisation.

Cette journée de grève reconductible et de mobilisations pourrait marquer un tournant du quinquennat d’Emmanuel Macron. Il s’agit de mettre au panier leur projet de réforme des retraites. Leur système universel de retraites à points, les Français n’en veulent pas.

Le spectre de 1995

Cette coalition des colères fait peur à l’Elysée, qui redoute la convergence des luttes et le spectre des grèves de 1995. Le président des riches, son Premier sinistre, sa dame anti-santé publique, son destructeur en chef de la solidarité intergénérationnelle sont, avec l’ensemble de l’exécutif, à la manœuvre pour déminer le terrain. Chacun y va de sa petite phrase pour tenter de diviser. La peur est en train de changer de camp !

Pensions tirées vers le bas

On sait déjà que la recette du sinistre Delevoye va tirer les pensions vers le bas. C’est mathématique puisque l’enveloppe restera la même (14% du PIB) tandis que le nombre de retraités ne cesse d’augmenter.

La retraite des fonctionnaires sera calculée sur l’ensemble de la carrière, au lieu des 6 derniers mois (75%). L’intégration des primes dans le calcul ne compensera pas le manque à gagner. Mais pas seulement. Selon les premières projections, beaucoup de professions libérales (avocats, architectes, experts-comptables, auxiliaires médicaux…) feront partie des grands perdants.

Le gouvernement tente de rassurer en promettant de ne pas toucher à l’âge légal de départ en retraite (62 ans). Mais en pratique, la durée de cotisation va mécaniquement s’allonger pour pouvoir bénéficier d’une retraite à taux plein.

La voie à la capitalisation

Quant à l’argument éculé selon lequel « on vit plus vieux, il faut donc travailler plus longtemps », il n’a plus de sens à l’heure de la robotisation qui nécessite de partager le travail. Le Conseil d’orientation aux retraites vient d'ailleurs de révéler que l’actuel système solidaire par répartition n’est « pas en danger ».

Tout cela a pour but d’ouvrir la voie au système individualiste par capitalisation. La raison ? Livrer 240 milliards d’euros aux marchés financiers (fonds de pension, assurances vie…), la même démarche que pour la privatisation des ADP ou la Française des Jeux.

Macron peut lâcher prise

En deux ans, Emmanuel Macron a lâché du lest sur la hausse artificielle de la prime d’activité, la défiscalisation sarkozyste des heures supplémentaires. Il a reculé sur la hausse de la CSG et la flambée de l’essence.

En attendant un nouvel impôt, 80% des ménages sont exonérés de la taxe d’habitation. Et au 1er janvier 2020, l’impôt sur le revenu devrait baisser de 5 milliards d’euros (gain moyen de 350 euros/an pour la première tranche).

Ce sont des miettes, mais elles prouvent que si le mouvement social est fort comme en 1995, lorsque le pays avait été paralysé 3 semaines, il peut obtenir beaucoup plus sur les salaires et les retraites.

Le 5 décembre la principale revendication des travailleurs sera de vivre dignement des fruits de leur labeur.

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