Fédération des Pyrénées-Orientales

Fédération des Pyrénées-Orientales
Accueil
 
 
 
 

L’édito du TC par René Granmont. Refuser les eaux glacées…

Au soir de la Saint-Sylvestre, le discours présidentiel a témoigné d’une rare autosuffisance et d’une prétention jupitérienne à prétendre incarner la vérité. Derrière les phrases aussi ronflantes que creuses, apparaissait une tentation autoritaire, dogmatique et s’affichait nettement la volonté de ne tenir aucun compte d’un mouvement social exceptionnel tant par sa durée que par le soutien majoritaire de l’opinion publique. La communication laborieuse du gouvernement, qui prétend ouvrir de nouvelles « concertations », cache mal le fait que l’exécutif ne compte rien lâcher d’essentiel…

Pour le président, chantre œcuménique des puissants de ce monde, l’enjeu est de taille. Outre la volonté d’offrir, à termes, un formidable marché aux fonds de pension en cassant le système solidaire de retraites, il veut casser ces syndicats qui osent résister au rouleau compresseur d’un capitalisme financiarisé de plus en plus débridé. Il faut briser tout ce qui s’oppose à la précarisation totale des vies, à l’ubérisation complète de la société. De la loi travail à la réforme de l’indemnisation du chômage, du démantèlement des services publics à la démolition du système éducatif, de la privatisation d’ADP à la contreréforme des retraites, tout n’a qu’un même objectif : faire exploser tout ce qui faisait lien, solidarité, protection, et laisser chaque individu seul pour mieux « le noyer dans les eaux glacés du calcul égoïste »(*). Ces eaux glacées qui n’ont qu’une seule loi : « tu paies ou tu te tires ! », loi d’airain s’imposant à nos existences fragilisées commandées par la simple survie.

Mais rien n’est joué. Le front social s’élargit, de nouvelles catégories de travailleurs entrent en lutte, les forces de gauche, sociales, politiques, intellectuelles, artistiques, montent au créneau dans une démarche rassembleuse. Pour répondre à un mouvement historique, il faudra plus que des miettes pour assouvir la soif de justice sociale qui s’affirme toujours plus fort dans le pays.

Ensemble, par les grèves, par les manifestations, par la solidarité financière avec ceux qui ont cessé le travail, nous pouvons jeter aux oubliettes le projet du gouvernement et imposer de vraies négociations pour un système de retraite pleinement juste et solidaire, porteur de progrès pour toutes et tous, sans allongement de la durée de la vie au travail.

(*) Manifeste du Parti communiste, Karl Marx

Il y a actuellement 0 réactions

Vous devez vous identifier ou créer un compte pour écrire des commentaires.

 
44 Avenue de Prades 66000 Perpignan Tél: 04.68.35.63.64